Éditorial

L’évènement marquant de cette rentrée scolaire est sans conteste le lancement par SM le Roi de l’Université Internationale de Rabat (UIR). Plus d’un milliard de DH d’investissement. L’événement sur le plan symbolique est très lourd. Le secteur de l’éducation est probablement celui qui a apporté le moins de gratification au pays depuis l’avènement du nouveau règne de SM Mohammed VI. Ça ne marche pas. Pas de succès et une hémorragie financière impossible à arrêter comme une fuite de pétrole en pleine mer. La nation en est durablement affectée. Là, à côté d’un système qui s’avère, in fine, impossible à réformer, c’est une initiative nouvelle à capitaux mixtes avec une gestion privée. Elle a la bénédiction du Souverain qui, manifestement, ne s’accommode pas de l’échec du système. A l’évidence, il s’agit d’un nouveau modèle économique. Une tentative de renouer avec la réussite sur la base d’un système nouveau qui tourne le dos aux errements du passé. La seule solution qui reste pour les universités traditionnelles — elles bénéficient de l’autonomie, une des rares idées puissantes de la réforme — est de relever ce défi. Sérieusement. Sinon, les universités privées qui vont se multiplier dans le Royaume vont leur manger de la laine sur le dos. Et les priver, également, de leurs ressources humaines. Nous avons compris que les Marocains sont prêts à payer pour une formation véritablement qualifiante. Et que les enseignants marocains renouent avec succès dès qu’ils sont dans un cadre motivant. La frontière entre l’excellence et la médiocrité risque d’être tracée d’une manière assez nette.

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