Éditorial

Je ne sais pas pourquoi les déclarations de l’UE ne présentent plus le même intérêt pour nous que par le passé. Et ce depuis le vote, par le Parlement européen (PE), sur la base de faits erronés, d’une résolution hostile au Maroc. Probablement une question de crédibilité. Le chemin de la restauration de cette crédibilité va certainement être difficile. Comment une institution de référence en matière des droits de l’Homme et de statuts des personnes peut-elle se faire rouler dans la farine de la sorte par des propagandistes à la petite semaine du DRS algérien ? C’est effarant ! Nous qui suivons l’agenda — un agenda sérieux et qui engage l’avenir — du Maroc avec l’Europe, sommes actuellement dans le doute et le malaise. Quel type de partenaires peuvent être ces gens qui se trompent si lourdement ? Rien n’a prévalu, ni l’accord de libre-échange, ni le statut avancé. Ni les progrès accomplis dans le long chemin des droits humains, ni les avancées politiques, ni les réformes du statut de la famille, ni la libération de la parole, ni l’IER, ni la gestion civilisée de la contestation sociale au Sahara, ni rien… Du jour au lendemain, nous avons été stigmatisés, comme jamais, et comme personne, au Maghreb. Un comble ! Le PE ne dit mot là où l’on tue les journalistes, où on les passe à tabac, où on les emprisonne, où les morts se comptent par dizaines chaque mois, où la chape de plomb sur les disparitions en nombre n’est pas prête à être levée, où, encore, les responsabilités dans un génocide national qui fait des centaines de milliers de morts ne sont pas déterminées. Le déjà fameux, et récent éditorial, du quotidien espagnol El Pais sur la «boucle marocaine», que nous avons déjà cité, a avancé une idée bizarre : il prétend que l’Europe, et l’Espagne, contre une improbable et incompréhensible contrepartie, ferment les yeux sur la réalité du système politique marocain. Pourquoi le feraient-ils ? Et pourquoi cet éditorial avance-t-il cette idée saugrenue maintenant ? Et qu’a de si répugnant ce système politique avec lequel les institutions de l’Europe ont signé un statut avancé ? Il n’est certes pas idéal, — nous le reconnaissons, notre démocratie nous permet d’exprimer cela tous les jours et des progrès restent, certainement, à faire dans tous les domaines, — mais cette hyper lucidité et cette hyper clairvoyance pourquoi ne frappent-elles, dans la région, que notre pays ? Quand la bonne foi n’est pas partagée, il est très difficile, vraiment, d’envisager un avenir commun. Le reste relève de la cosmétique. Les masques tomberont fatalement un jour ou l’autre.

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