Éditorial

Nous espérons que Malte va être la dernière étape des réunions informelles avec le Polisario. M. Christopher Ross devrait pouvoir changer de fusil d’épaule. Et accélérer la formalisation de la solution du conflit. Les choses sont à présent claires. Des changements géopolitiques majeurs ont frappé ce conflit de caducité. Il n’y a plus de temps à perdre en conciliabules inutiles. La région a changé, la substance du conflit aussi. Un accord bilatéral dont les contours sont aisément imaginables entre le Maroc et l’Algérie sous l’égide des Nations Unies, des USA et de l’UE devrait suffire à mettre en œuvre le plan d’autonomie. Les Sahraouis dans leur réelle diversité s’y retrouveront, le Polisario devra accepter la loi du pluralisme démocratique. Nous n’en sommes plus au front du refus. Que signifie pour le Maghreb le fait de tourner la page du conflit trentenaire du Sahara sous le mode de ni vainqueur ni vaincu ?  Le Maroc et l’Algérie c’est un couple régional crédible sur le plan culturel, économique et politique. Le noyau dur d’une Union du Maghreb Arabe tournée vers le progrès, la démocratie  et la croissance. Un partenaire solide pour l’UE et les USA. Une stabilité du flanc Ouest du monde arabe. Un ancrage du Sahel dans un groupement humain qui garantit la sécurité collective et la coopération économique Sud-Sud. Sur ce sujet, nous pouvons être aussi intarissables que nous l’avons été dans la période de surenchères, de conflits et de tensions. Au Maghreb personne ne s’en tirera tout seul. Ni le Maroc ni l’Algérie. Une nouvelle leçon du mouvement de la jeunesse arabe pour la dignité et l’égalité. Décidément, ces petits jeunes finiront par changer la face du monde.

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