Éditorial

En entendant Abdelilah Benkirane à la télévision, au sortir de la réunion tenue avec le conseiller royal Mohamed Moâtassim, je me suis douté de quelque chose. Une intuition. «Nous allons donner un premier document sur la réforme de la Constitution à la commission et nous avons demandé la possibilité de pouvoir donner un autre document de rattrapage si cela est nécessaire.» Un document pour tester. Voir la direction du vent et sa vitesse. Et un autre pour consolider, corriger ou surenchérir. L’idée est que l’on ne livre pas tout d’un seul coup sans tenir compte du positionnement des concurrents politiques et de la climatologie à l’intérieur de la Commission Mennouni. Je crois que les homologues du patron du PJD ont tous fait le même calcul, et ont choisi, tous, la même tactique. Ce que l’on sait, valeur aujourd’hui, de ce qu’ils ont livré, on est fondé à être déçu. Ni audace ni créativité ! Un robinet d’eau tiède en deçà des termes et du contenu du discours royal du 9 mars 2011. A croire que le Roi est plus à l’aise dans ce sujet de la réforme constitutionnelle que les partis politiques qui semblent très timorés, voire piégés. Ils donnent parfois l’impression de vouloir pourrir le match. Et si ce n’était que de l’incompétence? Probablement, il y a de cela aussi, mais tout de même. Rater un rendez-vous de cette nature en rendant des copies médiocres, ce n’est pas cela qui va inspirer un souffle de mobilisation et d’espoir dans le pays.

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