Éditorial

Il y a de l’eau dans le gaz. Les critiques concernant la méthodologie de la révision constitutionnelle commencent à poindre. Pas des critiques philosophiques. Des critiques pratiques, opérationnelles et concrètes. Comment réfléchir sans texte global de référence ? Comment développer une vision d’ensemble si l’on procède que par bout à bout ? Comment partager le débat avec les décisionnaires du parti si une seule personne est impliquée dans la concertation et si en plus elle n’est pas très fiable ? Sur un autre plan, qui peut défendre des idées qui engagent un projet de société si tout le monde choisit d’être dans la tactique, le mutisme calculé ou la surenchère délibérée ? Comment faire avancer un texte constitutionnel qui soit moderne et démocratique si personne ne veut défendre «publiquement» les idées de progrès, d’égalité, du genre, de la liberté, etc. On peut tout reprocher au PJD de Abdelilah Benkirane sauf qu’il ne soit pas en cohérence avec son référentiel islamique et en résonance avec son électorat conservateur. Et les autres, quelles références ont-ils ? La Gauche ? l’USFP ? Les libéraux de droite et de gauche ? Les laïcs ? Les socio-démocrates ? Et que sais –je encore… Les démocrates tropicaux, les prébendiers du statu quo attendent, peut-être, que la Monarchie leur serve une Constitution sur plateau d’argent. Ils attendent peut-être qu’elle reporte la réforme constitutionnelle — c’est leur souhait désormais le moins secret — et qu’elle renvoie aux calendes grecques les élections générales. Ils pourront ensuite faire dans les salons des discours ampoulés sur les retards de la transition démocratique qu’ils bloquent, en vérité, des quatre fers parce que le Maroc de demain sera moins rentable pour eux que le Maroc d’aujourd’hui. C’est un trait caractéristique de notre avant-garde du passé. Du culot !

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