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Éditorial

C’est la première fois que les Marocains ont la possibilité de réfléchir sérieusement sur leur Constitution. Celle de 2011 ne sera ni imposée, ni octroyée. Nous avons, donc, une chance rare, unique dans notre région, dans notre aire culturelle, d’arriver, assez vite, à un texte fondamental par le débat, la divergence et l’approche démocratique des différences. Nous avons aussi la possibilité d’arriver à ce résultat d’une manière civilisée, pacifique, et surtout qui sauve notre pays du chaos et de l’aventure. Que demande alors le peuple ? Voilà une bonne question qui a été malheureusement galvaudée par l’actualité erratique de ces dernières semaines! Il n’est pas sûr qu’il s’aligne sur les revendications farfelues des intégristes de JAWI, ni sur le maximalisme régressif de nos amis d’Annahj, ni non plus, pour être complet, sur les manœuvres désespérées d’une classe politique discréditée dans son ensemble et en manque de projets, d’idées et de souffle. Le peuple a accueilli avec compréhension et soutien les premiers pas du Mouvement du 20 février quand il revendiquait  l’égalité des chances, la dignité et la citoyenneté. Mais l’OPA sur les jeunes par des extrémistes professionnels a créé un vrai hiatus entre le mouvement des jeunes et la majorité des citoyens attentifs à ce que notre pays ne bascule pas dans le néant. Or, aujourd’hui, et c’est la dimension majeure du discours royal du 9 mars, nous avons la possibilité de changer notre vie en profondeur par des voies pacifiques et démocratiques. Que faisons-nous de cette chance? Allons-nous la rater pour des histoires byzantines ? Allons-nous permettre à un débat aussi incongru qu’inutile sur l’identité qui n’est menacée par personne — Sauf peut-être par l’intégrisme— de faire capoter la transition vers la démocratie ? Devons-nous laisser un sujet aussi peu stratégique, aujourd’hui, face aux défis qui nous assaillent, sur la centralité de la culture et la langue «Amazigh» chahuter violemment  la rénovation de notre système institutionnel? Le Maroc est le pays de la tempérance, de l’équilibre, de l’ouverture et de la finesse. Ce sont là les traits de la civilisation marocaine. Allons-nous tourner le dos à ces valeurs pour nous enfermer dans une posture qui risque au final de transformer une chance unique et exceptionnelle en drame national injustifié. Le peuple veut la monarchie, il est attaché à son Roi. Le peuple veut la démocratie. Le peuple veut un Maroc moderne. Le peuple veut une élite consciente des enjeux. Le peuple veut une classe politique à la hauteur des évènements, autonome, créative et responsable. Le peuple veut un pays évolué qui sait tirer parti de ses atouts et qui sait se projeter dans l’avenir avec confiance et réussite. C’est cela, semble-t-il,  que veut le peuple. Ni la surenchère ni l’aventure.

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