Petit bonjour

Où commence et où s’arrête la vérité ? Quelle est la part de vengeance, de règlement de compte ou de manipulation ? Quelle crédibilité donner à l’ensemble des procédures et des investigations sachant que celles-ci se croisent, se décroisent, s’emmêlent et se démêlent selon un ordre insaisissable ? L’affaire du Chérif Bin El Ouidane devient, pour le commun des mortels, le huitième secret inviolable de la création de l’univers. Un serpent marin à sept têtes. Cette affaire évolue mystérieusement comme cet animal mythique dont les vérités plurielles et les réalités multiples sont hors de portée de l’intelligence des hommes. Chérif Bin El Ouidane. Ce nom a une mathématique propre. Déjà, dans sa composition, il réunit tous les éléments de la cosmogonie marocaine. Une référence à une noblesse immaculée et introuvable que seule une filiation avérée peut procurer ? Et un entre-deux satanique – des fleuves ? – où peuvent se noyer entre le Paradis des mécréants et l’Enfer des pieux, tous ceux dont la foi incertaine vacille face au Diable unique, et dont l’amour de Dieu est un simulacre polythéiste cachant au fond de l’âme des allégeances multiples et hasardeuses. Une ruelle obscure d’Essaouira. Le son d’une flûte qui pleure. Une femme au voile blanc qui traverse un champ noir au crépuscule. Un gnaoui hilare et rachitique. Et une odeur obsessionnelle de benjoin. Si l’affaire Chérif Bin El Ouidane est un exorcisme, nous nous soumettons à son pouvoir salvateur. Les démons vaincus sortiront-ils de nos corps en une procession magnifique et flamboyante ?

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