Petit bonjour

Le quintuple infanticide dans une famille marocaine à Nivelles au centre de la Belgique est proprement bouleversant. Geneviève Lhermitte, épouse d’un Marocain, Bouchaib Mokadem, a égorgé ses cinq enfants, Yasmine (14 ans), Nora (12ans), Myriam (10 ans), Mina (8 ans) et Mehdi (3 ans) – l’un après l’autre, dans des chambres différentes de sa maison – à l’aide d’un coutelas qu’elle venait d’acheter, et dont la lame fait plus de 20 centimètres de long. Le jour du drame, le père revenait du Maroc où il est parti, fin janvier, accompagner sa mère qui avait passé les fêtes avec ses petits enfants. Le récit est détaillé. La brutalité de ce fait-divers, son aspect monstrueux et sa violence extrême relèvent des pires tourments de l’être humain. Comment dans une société moderne une maman si malheureuse, si perdue et si dangereuse a–t-elle pu être ignorée par tous ? Quel est le vrai ressort de cette solitude absolue, de cette détresse infinie, qui aboutit au geste inouï d’égorger la chair de sa chair ? Quel type de divinités pourra se satisfaire d’un sacrifice aussi odieux ? On n’en sait strictement rien. Les âmes égarées n’ont pas de visages. Comme les peurs ancestrales n’ont pas de figures. Rien ne peut être écrit, comme cela dans le sang. Il est des  destinées incompréhensibles et des destins inacceptables.

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