Aziz Daouda : «Le sport obéit à des règles qui n’acceptent pas d’être transgressées»

ALM: Comment voyez-vous l’évolution de l’athlétisme marocain ?
Aziz Daouda : L’athlétisme a connu un passage à vide mais j’ai l’impression que les choses reprennent au vu des derniers résultats, notamment grâce à Halima Hachlaf et Siham Hilali. Cela fait longtemps que nous n’avons pas eu un athlète marocain à la tête d’une liste mondiale. Cela fait plaisir et réconforte. Ces athlètes et d’autres vont, je l’espère, confirmer aux prochains Championnats d’Afrique à Nairobi et faire ainsi partie de l’équipe d’Afrique à la Coupe intercontinentale prévue à Split.

Quelles sont les raisons et les causes de la situation déplorable de l’athlétisme national depuis quelques temps?
Je pense qu’il y a eu des choix et une ambiance qui n’a pas été encourageante avec notamment plusieurs changements de directeurs techniques. Vous savez, les résultats en sport sont le fait de la préparation des sportifs mais également de l’environnement général qui entoure les sportifs. Un sportif c’est comme une plante, vous ne pouvez pas lui changer d’orientation sans qu’il ne soit perturbé. Maintenant les responsables directs seront à même d’analyser la situation et développer les raisons. Je n’ai aucun moyen de faire le diagnostic, cela fait quatre années que j’ai quitté la Féderation royale marocaine d’athlétisme (FRMA). Pour une analyse juste et édifiante, il faut disposer de statistiques et bien observer le contexte. Or, après quatre années, je ne peux malheureusement plus discuter de choses que j’ignore. Je ne peux plus parler de généralités et rappeler certaines règles, voilà tout.

À votre avis, qu’est-ce qui manque pour redorer l’image de l’athlétisme national ?
Je pense qu’il faut se recentrer sur les fondamentaux et professionnaliser les relations autant que possible notamment dans les rapports aux athlètes et à leur encadrement. Le sport et la performance sportive obéissent à des règles qui n’acceptent pas d’être transgressées. Il y a une logique derrière chaque réalisation et jamais de hasard ni de chance.

Dans les circonstances actuelles, on remarque que la relève est loin d’être assurée. Que faut-il faire ?
Quand je parle de fondamentaux, je parle ente autres d’une bonne prospection, menée systématiquement et scientifiquement. Je parle d’un bon système de compétition, d’un élargissement des bases, etc. Pour que l’athlétisme tourne bien, je pense que nous devons avoir plus de 100.000 licenciés actifs, au-delà de 600 clubs et associations et pas moins de 500 ou 600 athlètes en préparation continue pour faire face à toutes les échéances, dans la continuité.

Vous avez été souvent critiqué avant de quitter les commandes de la direction technique de la Fédération de l’athlétisme. Quels souvenirs gardez-vous de cette période?
Vous savez je suis un homme comblé. J’ai été formé par mon pays dans un domaine précis pour le servir, le domaine des sports. Mon pays m’a permis de me former dans les meilleurs instituts et universités Je pense que malgré des conditions difficiles j’ai pu faire de mon mieux. En tous les cas, je n’ai ménagé aucun effort au service de mon pays. Aujourd’hui, tout le monde est d’accord sur le fait que le bilan de l’équipe avec laquelle j’ai eu le plaisir de partager la lourde responsabilité de diriger l’athlétisme marocain est très positif. Le bilan parle de lui-même. Quand j’ai rejoint la Féderation royale marocaine d’athlétisme (FRMA) son budget était de 130.000 DH… cela ne m’a pas empêché de réaliser des merveilles. Quant à la critique, elle est normale quand vous êtes un homme public donc exposé, quand vous êtes en avance sur votre temps et quand vous ne concédez pas de terrain malgré la pression. Aujourd’hui ces critiques sont bien tombées à l’eau…N’est-ce pas ?

Vous êtes directeur technique de la Confédération africaine d’athlétisme. Quelles sont vos missions ?
La direction technique dans une confédération n’a rien à voir avec celle d’une équipe nationale. J’ai plus une mission d’étude, de développement et de gestion de compétitions.

À la Confédération africaine d’athlétisme, comment voyez-vous la situation de l’athlétisme marocain en Afrique ?
Le Maroc est perçu comme un précurseur et un pays modèle. Ceci bien évidemment à juste titre. Les expériences marocaines inspirent l’ensemble du continent. C’est peut-être aussi pour cela que le président Kalkaba m’a recruté dans son équipe rapprochée. Le modèle marocain est unique et a tellement bien réussi qu’il est considéré comme la voie pour le développement de l’athlétisme dans plus d’un pays du continent.

Que fait la Confédération africaine d’athlétisme pour hisser le niveau des athlètes ?
La Confédération a un rôle extrêmement important dans le développement de l’athlétisme sur le continent épaulé en cela par l’Association internationale des fédérations d’athlétisme (IAAF) et s’appuyant sur les efforts des cinq zones régionales et des 53 pays membres. La Confédération africaine d’athlétisme (CAA) agit en qualité d’organisme qui assure en Afrique le développement et la promotion de l’athlétisme, conformément aux directives de l’Association internationale des fédérations d’athlétisme (IAAF). Elle œuvre au maintien et à l’entretien d’une coopération amicale et loyale entre tous ses membres, dans l’intérêt de l’athlétisme en Afrique. La Confédération africaine d’athlétisme (CAA) dirige toutes les affaires techniques, administratives et financières du continent africain conformément aux règlements de l’Association internationale des fédérations d’athlétisme (IAAF) En gros tout ce qui touche à la promotion et au développement de l’athlétisme en Afrique est du ressort de la Confédération africaine d’athlétisme (CAA). Bien évidemment, ces actes et décisions impactent l’ensemble des pratiquants sur le continent. L’Afrique a gagné la Coupe du monde à trois reprises…devant l’ensemble des autres continents.

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