Éditorial : Sortir de l’impasse

Le prochain Conseil d’administration de l’Agence nationale de réglementation des télécommunications qui sera présidé par Driss Jettou est décisif à plus d’un titre. Ce sera l’occasion pour le Premier ministre de clarifier la position de son gouvernement sur le statut de l’Agence, un sujet qui a fait couler beaucoup d’encre sous le gouvernement Youssoufi II, mais surtout de décliner la politique qui sera engagée dans le domaine des télécommunications.
Des enjeux de taille lorsque l’on sait que le secteur vit en ce moment une impasse aggravée notamment par la discrétion affichée par le nouveau directeur de l’ANRT.
Relancer le débat sur l’adoption la réforme de la loi 24/96 s’avère plus que nécessaire. Sur ce dossier, Rachid Talbi El Alami, ministre de tutelle nous a déclaré qu’il n’y aura pas de marche-arrière concernant la libéralisation du secteur. Le flop de l’attribution de la licence de la téléphonie fixe ne semble pas l’inquiéter.
Sur ce registre, il ne s’est d’ailleurs pas privé de faire des annonces pour calmer les esprits des professionnels. On apprend alors qu’un deuxième appel d’offres sera lancé courant 2003. Mauvaise nouvelle: pas de date précise ! La bonne nouvelle, par contre, c’est que le gouvernement n’a pas l’intention de brader cette licence.
Redynamiser le processus de la libéralisation des télécoms revient à dire qu’il faut réussir l’épreuve de la licence fixe. Mais compte tenu de la conjoncture internationale, on est obligé de se demander, s’il est opportun de lancer le processus de libéralisation du fixe.
En tout cas, la crise du secteur des télécoms au niveau mondial n’exclut pas l’urgence de trouver une issue à la relance de la libéralisation d’autant plus que la grogne des professionnels s’accentue et traduit de nouvelles attentes et une certaine imptatience.
Une chose est sûre : il n’y aura pas un deuxième appel d’offres sans l’adoption de la réforme de la loi. C’est un engagement du ministre qui précise que ce chantier juridique sera bouclé avant fin 2003. Pour lui, il s’agit d’un préalable indispensable pour réactiver le processus de libéralisation. En attendant, la position officielle du gouvernement sur ce dossier, l’inquiétude est toujours de mise chez les professionnels des technologies de l’information. Le rattachement du département des télécoms au département de l’industrie est perçu de manière mitigée. Reste à savoir si le secteur des technologies de l’information bénéficiera des mécanismes et des financements prévus pour la mise à niveau des PME-PMI. Ce sera le cas, avance le ministre de tutelle. Outre les télécoms, le gouvernement Jettou est attendu sur d’autres dossiers adjacents, aussi importants. Il s’agit du commerce électronique, l’administration en ligne, le développement des technoparks. Autant de chantiers dont dépend le développement économique du pays.
L’intérêt du débat sur la libéralisation des télécoms puise sa légitimité des indicateurs du développement de ce secteur. A titre indicatif, Internet coûte 30% plus cher à une entreprise locale qu’en Europe. Le nombre des utilisateurs ne dépasse pas 800 mille internautes. Quant aux services de téléphonie pour les entreprises, la qualité de service est toujours pointée du doigt par le tissu économique.

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *