Emploi : Le Haut Commissariat au Plan évalue l’impact des hausses salariales

L’augmentation des salaires du personnel de l’administration publique ainsi que celle du Salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG) et du salaire minimum agricole garanti (SMAG) dans le secteur privé devraient affecter l’économie nationale. C’est ce qui résulte d’une simulation réalisée par le Haut Commissariat au Plan (HCP) et publiée jeudi matin. Cette évaluation du HCP donne un aperçu sur les effets de ces augmentations sur le cadre macroéconomique, à savoir le budget de l’Etat, l’impact sur les revenus, la consommation des ménages, sur l’investissement, le commerce extérieur, etc. En effet, l’impact de l’augmentation des salaires du personnel de l’administration publique (entreprise depuis le 1er mai 2011) et celle du SMIG et du SMAG (prévus en deux tranches à partir du 1er juillet 2011 et du 1er juillet 2012) pourrait être à la fois bénéfique et négatif. Le côté positif réside, selon le HCP, dans le fait que l’augmentation des salaires du personnel de l’administration publique devrait améliorer le revenu, le pouvoir d’achat et la consommation des ménages, ainsi que l’investissement, l’emploi et la croissance. En revanche, elle affecterait négativement le solde du budget de l’Etat et de la balance commerciale. Dans le même sens, l’augmentation du SMIG et du SMAG devrait améliorer le revenu, le pouvoir d’achat et la consommation des ménages. De même, elle devrait, du fait de l’augmentation nominale du PIB, avoir un effet positif sur le budget de l’Etat, indique le HCP. Par contre, cette augmentation devrait réduire le taux de marge des entreprises, pesé sur la compétitivité de ces dernières et affecter négativement l’investissement, l’emploi, la croissance et l’équilibre de la balance commerciale. D’un point de vue technique, les revenus des ménages s’accroîtraient progressivement à partir de 1,64% en 2011 pour atteindre 6% en 2015, souligne le HCP, sous l’effet des deux catégories d’augmentation salariale. En outre, la consommation augmenterait de 1,01% en 2011 à 1,86% en 2015 tout en enregistrant un pic de 2,01% en 2013.
Selon le HCP, les prix, quant à eux, connaîtraient progressivement une hausse de 0,52% en 2011 pour s’établir à 3,97% en 2015. Par ailleurs, «la croissance du PIB enregistrerait une augmentation
de 0,29% en 2011 et de 0,27% en 2012 et un manque à gagner à partir de 2013 de 0,12% atteignant ainsi 0,97% en 2015», indique le HCP dans sa publication. En parallèle, l’effet de ces augmentations se traduirait par une baisse croissante de l’investissement allant de 0,88% en 2013 à 3,07% en 2015. Selon le HCP, cette baisse sera accompagnée d’une perte continue d’emploi allant de 15.940 en 2013 à 96.860 emplois en 2015. En outre, cet effet favoriserait les importations et conduirait à une dégradation de la balance commerciale de 0,46% en 2011 à 0,64% en 2015 avec un pic de 0,85% en 2013. D’autre part, l’équilibre budgétaire enregistrerait un supplément de déficit de l’ordre de 0,32% en 2011 et de 0,22% en 2012 avant de connaître une amélioration à partir de 2013 de 0,10% atteignant en 2015 1,03%, soulève le HCP.

Simulation des effets séparés des deux catégories d’augmentation salariale

L’augmentation des salaires du personnel des administrations publiques : Cette hausse améliorerait le revenu des ménages et relancerait l’activité économique par son impact sur la demande. Cependant, elle induirait une détérioration des équilibres macroéconomiques interne et externe. Ainsi les revenus disponibles s’accroîtraient progressivement de 0,98% en 2011 à 1,51% en 2015 induisant une amélioration ascendante de la consommation respectivement de 0,79% en à 1,1%. L’investissement connaîtrait une hausse croissante allant de 0,3% en 2011 à 0,42% en 2015. La relance de la demande intérieure s’accompagnerait d’un surplus de croissance de 0,33% par année en moyenne durant cette période et une création d’emplois supplémentaire passant de 12.950 postes en 2011 à 20.090 en 2015. Toutefois, l’accroissement de la demande exercerait une légère pression sur les prix qui devraient augmenter progressivement de 0,1% en 2011 à 0,41% en 2015, restant malgré cela inférieure à la hausse des revenus. Au plan des équilibres internes et externes, la hausse de la demande domestique aurait un effet multiplicateur en faveur des importations, accentuant le déficit commercial. Elle assurerait par ailleurs des recettes fiscales supplémentaires sans toutefois compenser l’impact sur le déficit budgétaire dû à la hausse des salaires des fonctionnaires. Le déficit commercial s’accentuerait ainsi de 0,63% en pourcentage du PIB en 2013 et le déficit budgétaire de 0,51% en 2012.

La hausse du SMIG et du SMAG : L’augmentation des salaires dans le secteur privé induirait une hausse des coûts de production, réduisant les capacités d’offre des entreprises. Ainsi, cette hausse provoquerait une hausse des prix à la production et une réduction du taux de marge bénéficiaire. Les prix à la consommation devraient être affectés et connaître une hausse croissante allant de 0,42% en 2011 à 3,56% en 2015. L’investissement s’inscrirait dans une baisse en accentuation, allant de 0,03% en 2011 à 3,47% en 2015. Le produit intérieur brut (PIB) connaitrait une diminution et le manque à gagner en termes de croissance économique serait de l’ordre de 0,13% en 2012 pour atteindre 1,26% en 2015. Les pertes d’emplois seraient de 1500 postes en 2011 à 116.050 en 2015. La consommation des ménages s’accroîtrait de 0,23% en 2011 et de 0,85% en 2013 et en 2014 avant de baisser à 0,78% en 2015. L’augmentation des prix réduirait la compétitivité
des entreprises aussi bien sur le marché domestique que sur le marché extérieur. Les importations seraient en hausse de 0,20% en 2011 et de 0,51% en 2013, alors que les exportations baisseraient de 0,11% en 2011 et de 1% en 2015, dégageant ainsi une détérioration du solde commercial.

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