Blocage de la VoIP au Maroc: Une décision contre «tout bon sens» selon l’UC

Blocage de la VoIP au Maroc: Une décision contre «tout bon sens»  selon l’UC

Le sujet du blocage de la VoIP au Maroc ne cesse de faire grincer des dents. Le premier parti politique à rompre le silence sur ce sujet est celui de l’Union Constitutionnelle (UC).

Celui-ci estime que la décision de bloquer la VoIP sur les applications mobiles au Maroc est non seulement regrettable mais elle «comporte des zones d’ombre à la fois du point de vue de sa légalité et de sa portée symbolique».

Les trois opérateurs de télécommunications ont simultanément procédé au blocage de la VoIP au Maroc, privant ainsi le consommateur marocain de profiter pleinement d’une fonctionnalité que lui offraient jusque-là des applications comme Whats-App, Viber, Tango… Il n’est désormais plus possible de passer des appels gratuits via ces outils.

Serait-ce une approche protectionniste ?
Si le régulateur (l’ANRT, ndlr) justifie ce blocage par le manque à gagner pour les opérateurs, l’UC n’y trouve ni plus ni moins qu’une approche protectionniste loin d’aller de pair avec les ambitions digitales du Royaume. Ce parti rappelle au passage que la mission de l’ANRT devrait avant tout être  au service du citoyen.  Cette mission, lit-on dans un communiqué, «ne peut en aucun cas servir les seuls intérêts économiques des opérateurs, au détriment du confort et de la promesse de vente formulée par ces mêmes acteurs aux clients».

En effet, l’on assiste depuis quelque temps à la multiplication des offres commerciales basées sur la facilité d’usage de ces applications «dans leurs fonctionnalités complètes». Passer des appels via internet en faisant partie, ce blocage demeure injustifié et surtout inadmissible selon le parti du cheval qui indique, par ailleurs, que la notion du manque à gagner est à relativiser car «les opérateurs télécoms développent, au contraire, un chiffre d’affaires important grâce à l’usage massif de ces applications».
 

Entrave à la liberté de communication

Au-delà de la notion du manque à gagner, l’UC considère la mise en œuvre du blocage de la VoIP comme un «véritable contre-pied à la politique de libéralisation des usages et l’ouverture sur les nouvelles technologies, conduite par le Royaume depuis les années 1990». En plus du fait qu’elle représente une entrave à la liberté de communication, cette décision serait dure à avaler pour les start-up, entreprises, et unités de création technologiques.

Elle intervient à un moment où l’entrepreneuriat, notamment dans les nouvelles technologies, est une voie potentielle pour la création de milliers d’emplois et de valeur ajoutée, précise l’UC pour qui c’est là où se situe le véritable manque à gagner. Dénonçant le blocage de la VoIP sur la base d’une éventuelle «entente entre opérateurs», ce parti dirigé par l’ancien maire de Casablanca, Mohammed Sajid,  interpelle le Conseil de la Concurrence, les associations de défense des consommateurs et rappelle à l’ANRT ses pleines responsabilités, particulièrement celle de veille sur les intérêts des clients du secteur des télécommunications.

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