Les coulisses de la Coupe du monde du génie informatique

Les coulisses de la Coupe du monde  du génie informatique

ALM : Que représente pour vous cette compétition et quel est son positionnement dans le monde informatique?
 

Amine Bensaïd : C’est en quelque sorte le championnat du monde du génie informatique, géré par un organisme similaire à la FIFA pour l’informatique.  Il s’agit de résoudre – en équipe – des problèmes par de l’algorithmique et la programmation informatique.  Chaque année, les phases éliminatoires de cette compétition attirent quelque 300.000 étudiants et universitaires de par le monde. Ceux-ci commencent la compétition parfois au sein de leurs universités, ensuite au niveau national puis régional. A la fin du parcours, les plus brillants se retrouvent en finale, c’est-à-dire dans cette bataille de cerveaux, pendant 4 jours dont 3 jours officiels de rude compétition, que nous organisons cette année au Maroc.

Les plus grandes universités américaines ont été présentes. Harvard, MIT, Princeton, Stanford. Les russes, les Chinois, les Japonais aussi sont là. C’est une palette très riche de participants. Il y a 39 ans, cet événement a été fondé et s’est développé aux Etats-Unis. C’est une grosse machine menée par des coachs et directeurs nationaux et régionaux de compétitions, ainsi qu’un comité exécutif du championnat du monde. Ils veillent tous à ce que cette compétition se déroule avec perfection et rigueur.
 
Quels objectifs escomptez-vous en tant que pédagogue et président de l’Université Mundiapolis, qui co-organise une coupe de cette ampleur?  

Nous cherchons prioritairement, en tant que co-organisateurs, à passionner nos jeunes – de l’Université Mundiapolis et des autres universités – pour l’ingénierie en général, et pour le génie informatique en particulier, en créant l’occasion de brassage avec les meilleurs au monde.  L’événement lui-même a pour objectif premier de servir à ces jeunes brillants une expérience qu’ils ne vont pas oublier de sitôt. Cela commence par une cérémonie d’ouverture grandiose. Nous avons essayé dans notre cas d’allier la technologie à une ambiance très marocaine. Une sorte de conte de fées avec tout le divertissement qui l’accompagne.

Nous faisons tout pour montrer à ces jeunes qu’ils sont précieux et excellents parce qu’ils ont pu arriver jusque- là. Nous voulons marquer l’esprit de l’étudiant et lui faire vivre une expérience inoubliable. Il faut noter que dans ce genre de compétition plusieurs chasseurs de talents sont présents, ce qui peut marquer un tournant dans la vie des étudiants.  d’ailleurs IBM fait une offre d’emploi à une quarantaine de participants, représentant les 16 meilleures équipes. Les participants sont souvent en dernière année de leur cursus. C’est du génie, mais c’est aussi beaucoup d’entrainement et de transpiration, et surtout beaucoup de travail d’équipe. Et globalement, les plus expérimentés, ceux qui ont beaucoup de «kilométrage» (d’entraînement) dans les jambes sont ceux qui sont en fin de cursus. Ceci dit, plusieurs exceptions existent.
 
Pourriez-vous nous raconter les coulisses de cette organisation ? Comment le choix est-il tombé sur le Maroc ?

L’Université Mundiapolis, avec Al Akhawayn, l’Université Mohammed V et MACM (Moroccan Association for Computing Machinery) a organisé la 39ème Coupe du monde du génie informatique, sous le Haut Patronage de Sa Majesté le Roi Mohammed VI que Dieu l’assiste.  
C’est la première fois dans l’histoire de cette compétition où trois universités chapeautent cet événement. Nous devons beaucoup notre succès aussi à la stabilité du Maroc. 

En 2011, l’Égypte avait réussi à attirer cette Coupe, mais avec le printemps arabe, l’organisation avait basculé vers les Etats-Unis.  Pour ce qui est du Maroc, nous avons pu réussir grâce à plusieurs facteurs.

Pour les organisateurs internationaux, il était extrêmement motivant d’avoir l’opportunité d’organiser cette Coupe du monde dans un pays situé dans une région du monde où ça n’a jamais été fait, qui reste exotique et prometteuse, tout en garantissant la qualité nécessaire dans un événement de cette envergure, à ce niveau de compétition.

  Le fait que trois modèles différents d’universités travaillent sur un même projet a démontré que nous nous inscrivons au Maroc dans cette tendance mondiale d’universités proactives dans leur autonomie. Nous couvrons l’intérêt de tous les étudiants.  Nous nous sommes donc déplacés pour la finale de l’année dernière en Russie. La décision du pays hôte pour 2015 se jouait entre l’Inde, la Thaîlande, les Etats-Unis et le Maroc. Nous avons plaidé en faveur du dossier de la candidature marocaine, et nous sommes heureux d’avoir convaincu!
 
Combien de participants ont pris part à cette bataille de cerveaux ?

Nous avons pu compter plus de 1.200 participants. C’est grandiose!  Grâce à notre statut d’organisateurs, nous avons eu deux équipes marocaines dans cette compétition. Il est important de souligner qu’il s’agit d’équipes et non de compétitions individuelles. Ce sont des équipes qui ont gagné au championnat national et qui se sont bien classées au championnat régional se sont qualifiées à cette coupe du monde. Il s’agit du champion national et de l’équipe marocaine la mieux placée  au concours régional. Ce sont donc l’ENSA Marrakech et l’Université Al Akhawayn qui ont représenté le Maroc.  

A préciser également que 60 autres étudiants marocains ont été dans le comité d’organisation dont une vingtaine étudiants de l’Université Mundiapolis.  Cela leur a donné l’opportunité de baigner pendant 4 ou 5 jours dans une ambiance d’excellence.

Un réseau international extraordinaire et surtout un échange dans des conditions particulières s’offrent à eux. Ce sont des conditions intenses d’organisation et de compétition. Tout ce qui est vécu l’est sous pression et dans la tension.  A la fin de l’événement, c’est sûr, ils auraient l’impression d’avoir fait l’armée ensemble, mais également d’avoir réussi une œuvre d’une beauté exceptionnelle!

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