Irakgate à Washington

Irakgate à Washington

George W. Bush affirme qu’il veut trouver l’origine d’éventuelles fuites au sein de son Administration alors que le département américain de la Justice a déclaré avoir ouvert une enquête sur l’origine de cette fuite visant apparemment à décrédibiliser un diplomate critique vis-à-vis du « réquisitoire » de Washington contre Saddam Hussein. Bush a ordonné au personnel de la Maison-Blanche de coopérer pleinement avec les enquêteurs et de conserver tout élément d’information (e-mails, messages téléphoniques) qui pourrait être utile. Le département de la Justice a ouvert son enquête « sur d’éventuelles divulgations non autorisées concernant l’identité d’un agent secret de la CIA » et en a informé le même jour le personnel de la présidence. La « fuite » concerne Valerie Plame, l’épouse de l’ancien ambassadeur des Etats-Unis Joseph Wilson. Ce dernier, ancien ambassadeur au Gabon, estime que cette « fuite » a été sciemment organisée pour le discréditer ou se venger parce qu’il avait publiquement critiqué l’usage par George W. Bush, dans son discours sur l’état de l’Union de janvier 2003 accusant l’Irak, d’informations sur un achat irakien présumé d’uranium au Niger qui se sont révélées fausses. Wilson a déclaré en juillet qu’il s’était rendu dans ce pays du Sahel en février 2002 à la demande de la CIA pour déterminer la valeur de ces « informations » catégoriquement démenties par l’AIEA (Agence internationale de l’énergie atomique).L’ancien ambassadeur a fait cette révélation dans les colonnes du New York Times. La fuite concernant son épouse est parue dans la presse quelques jours plus tard, sous la plume du chroniqueur Robert Novak, dont les éditoriaux sont publiés simultanément dans plusieurs journaux. Les Démocrates, qui jugent qu’une enquête menée par le département de la Justice manque d’indépendance et risque d’être partiale, ont réclamé la nomination d’une commission d’enquête indépendante et ont à cet effet rédigé un projet de résolution non-contraignante à présenter devant le Sénat mais les Républicains, qui contrôlent la chambre, les ont empêché de la mettre immédiatement au vote. A la CIA, on s’inquiète des conséquences de cette affaire. « Une couverture est une couverture. Il faut la protéger. Au-delà de l’individu, il y a beaucoup d’autres choses derrière », a déclaré un ancien responsable du renseignement. « Cela va à l’encontre de la culture de la CIA qui est basée sur la protection des sources et des méthodes et l’une des façons de le faire, c’est de protéger l’identité de nos agents. Ils grandissent avec ça. J’ai grandi avec ça », a également déclaré Robert Baer, un ancien agent de la CIA.

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