Mobilisation en France après le meurtre d’un jeune juif, torturé à mort

Douze personnes ont déjà été inculpées dans l’enquête sur ce crime dont la connotation raciste a été évoquée par la justice et confirmée mardi par le ministre de l’Intérieur Nicolas Sarkozy.

Ilan Halimi, vendeur dans un magasin de téléphonie à Paris, a été enlevé le 21 janvier puis torturé par ses geôliers. Découvert agonisant près d’une gare de banlieue le 13 février, bâillonné et menotté, il est décédé peu après.

Le Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) a lancé mercredi un appel à participer à une vaste manifestation dimanche à Paris, qui doit regrouper plusieurs associations juives et antiracistes pour la première fois depuis longtemps.

Celles-ci ont demandé au président Jacques Chirac de se joindre à cette marche silencieuse comme l’avait fait en mai 1990 François Mitterrand, premier chef de l’Etat à défiler dans la rue depuis la fin de la Deuxième guerre mondiale, lors d’une manifestation pour dénoncer la profanation d’un cimetière juif à Carpentras (sud).

Les autorités ont fait savoir que Jacques Chirac et le gouvernement s’associeraient aux hommages qui seront rendus à la mémoire d’Ilan Halimi, sans préciser comment ils seraient représentés dimanche.

Après le Premier ministre Dominique de Villepin, le président Jacques Chirac a assuré mardi aux parents de la victime que "toute la lumière serait faite" sur ce crime afin de savoir notamment "s’il s’agit d’un acte antisémite".

De son côté, le grand rabbin de France Joseph Sitruk a appelé la communauté juive ainsi que "tous les non juifs" à participer jeudi soir à Paris à une cérémonie en mémoire de la victime.

Comme sa mère la veille, Yael, l’une des deux soeurs d’Ilan Halimi, a demandé que des mesures soient prises "pour que cela ne se reproduise plus", dans une interview au journal Le Parisien. Pour elle, "les gens savaient" et "personne n’a bougé".

Le gardien de l’immeuble de Bagneux, dans la banlieue parisienne, où le jeune homme a été retenu, est notamment soupçonné de complicité d’enlèvement. Selon une source policière, il aurait mis à disposition du chef du gang un appartement vacant.

L’enquête a rebondi mardi en Côte d’Ivoire où pourrait se trouver le chef de la bande, Youssouf Fofana, à l’encontre duquel a été délivrée une commission rogatoire internationale et qui se faisait appeler "Brain of the Barbarians" (le cerveau des barbares). Deux enquêteurs français sont arrivés mardi soir à Abidjan.

Selon une source judiciaire française, Youssouf Fofana a fait "au moins" un aller-retour en Côte d’Ivoire pendant la séquestration d’Ilan Halimi. Une personne portant le même nom est arrivé en Côte d’Ivoire la semaine dernière, a-t-on appris par ailleurs de source ivoirienne.

En France, 12 personnes au total ont déjà été inculpées et la garde à vue a été prolongée mercredi matin pour trois autres suspects, deux hommes et une femme interpellés la veille dans la région de Marseille (sud).

La jeune fille interpellée présente une grande ressemblance avec un portrait robot représentant une femme blonde, diffusé dans la presse. Elle aurait servi d’appât pour le gang qui attirait ainsi ses victimes pour les séquestrer en vue d’obtenir une rançon.

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