Hamid Faridi : «Le cinéma est une arme contre l’injustice»

Hamid Faridi : «Le cinéma est une arme contre l’injustice»

ALM : Qu’est- ce qui vous a inspiré l’idée du film «Le Vélo» ? Défend-il en quelque sorte la cause féminine ?
Hamid Faridi : C’est l’injustice qui m’a fait réagir pour réaliser ce film. Le cinéma est une arme contre l’injustice. D’ailleurs, s’il y a une chose qui me choque dans la vie, c’est bien ce problème d’injustice. Et lorsqu’il est commis par bêtise, il fait bien sûr mal et il est condamnable. Mais quand l’injustice est faite par croyance religieuse, elle est encore plus grave. Sur le plan religieux, la société marocaine est très injuste à l’égard des femmes. Et je trouve qu’en matière de succession et d’héritage, il y a une part d’injustice, surtout que la femme prend la moitié de la part d’héritage destinée à l’homme.

«Le Vélo» a été produit en 2007. Pourquoi ce film a-t-il pris plus d’une année pour sortir en salles  ?
Il traite d’un thème qui peut demeurer pendant longtemps d’actualité. J’ai décidé de programmer la sortie de mon film « Le Vélo » dans les salles après avoir terminé l’écriture du scénario de mon deuxième long-métrage. Je m’y étais consacré complètement et j’étais ainsi inaccessible pendant six mois. Je ne voulais pas être occupé aussi par l’étape commerciale de mon premier long- métrage «Le Vélo». D’ailleurs, je viens de terminer l’écriture du texte de mon prochain film, il y a à peine un mois.

Vous avez obtenu en 2006 le premier prix lors du Festival national du film de Tanger grâce à votre court-métrage « Histoire des bonnes femmes ». Est-ce que ce prix vous a aidé à vous faire découvrir par le public  ?
Cette distinction a contribué à me faire bien connaître dans le cinéma. Mais il y a d’autres facteurs qui m’ont aidé aussi à réussir dont ma manière de m’exprimer et d’aborder des thèmes touchant à des tabous. Et je pense que j’ai fait de même et réussi à bien passer le message grâce à mon film «Le Vélo».

L’avant-première de votre premier long-métrage «Le Vélo» a eu lieu à Tanger. Que représente cette ville pour vous  ?
Je connais Tanger, il y a à peine deux ans. Mais cette ville est, pour moi, toujours liée au cinéma. La première fois que j’ai présenté un court-métrage c’était lors du Festival national du film de Tanger. J’ai commencé l’écriture du scénario de mon film «Le Vélo» en prenant l’autoroute Casablanca-Tanger. Et la première interview que j’ai donnée pour une chaîne étrangère a eu lieu aussi dans cette ville. Je serais très heureux de tourner un film à Tanger, parce que c’est une ville plus on la connaît plus on l’adore. Et je la trouve, comme Casablanca, plus intéressante. C’est une vraie ville qui ne vous cache ni sa laideur ni sa beauté. Et c’est pareil pour Casablanca.

Avez-vous un projet de long- métrage ?
Mon prochain film s’intitule « L’arbre et les croyants ». Il traite d’un sujet qui me tient aussi à cœur. C’est un film que j’ai écrit en pensant à feu Hassan Skali. Il m’a donné son accord pour l’interprétation du principal personnage, il y a un an à Marrakech. Je venais de terminer le scénario de ce film quand ce grand artiste est décédé. Et il n’y avait que Hassan Skali pour jouer ce rôle et il est parti !

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