Les soufis, défenseurs de l’unité nationale

«Rôle des confréries soufies dans la défense et la préservation de l’unité nationale» a été le thème d’un séminaire organisé, samedi 10 mars, au Palais des congrès à Laâyoune avec la participation d’une pléiade d’ouléma, de chercheurs et d’universitaires. Initiée sous le Haut patronage de SM le Roi Mohammed VI par la Fondation Moulay Abdellah Chérif pour les études et les recherches scientifiques, cette rencontre a été l’occasion de rappeler la place prépondérante du soufisme dans l’histoire du Royaume et le rayonnement des zaouïas au-delà des frontières nationales.
Organisé en collaboration avec le ministère des Habous et des Affaires Islamiques et en coordination avec le Conseil des ouléma à Laâyoune, le séminaire a été marqué par une série d’exposés soulignant la mobilisation constante des confréries soufies pour la défense et la préservation de l’intégrité territoriale du Maroc, de ses valeurs sacrées et de l’enracinement du patriotisme et de l’attachement au glorieux trône alaouite.
Les liens que les zaouïas entretenaient avec le Sultan du Maroc dans le cadre de la Beia (allégeance) constituent une preuve irréfutable de leur attachement à l’unité du Maroc et de leur mobilisation constante pour défendre son intégrité territoriale, ont indiqué les participants. Ils ont également précisé que c’est le Souverain qui nommait les responsables des confréries au Sahara et cité comme exemple à cela le dahir  de nomination adressé par Moulay Hassan Ier à cheikh Maoulaynine, le dahir de ce même Sultan à Ibrahim Ezergui le dispensant de certaines charges imposées aux autres confréries et le dahir de Moulay Hafid à la zaouya des Rguibate.
«Ces documents historiques prouvent l’unité du Maroc», déclare à ALM  le Dr Ali Laghzioui, professeur universitaire . «Les zaouïas du sud ont  constitué des alliances avec les autres tribus pour combattre l’ennemi», a-t-il poursuivi en rappelant qu’ «au début du vingtième siècle, précisément à partir de 1906, cheikh Maoulaynine s’est rendu à plusieurs reprises dans le nord pour renouveler son allégeance au Souverain et au glorieux Trône alaouite et l’un de ses disciples dans le nord du royaume a fait le déplacement jusqu’à Smara pour lui demander de lui permettre de créer une  filiale de cette zaouïa à Oujda». Dans une allocution à l’ouverture du séminaire, Bachir Ouazzani, président de la section de la fondation Moulay Abdellah Chérif à Fès, a souligné l’importance de la tenue de cette rencontre scientifique, qui coïncide avec le centenaire de la visite de ce cheikh à Fès, où il a fondé au début du siècle dernier la zaouïa Maaininia. Il a aussi donné à cette occasion un aperçu sur la fondation Moulay Abdellah Chérif pour les études et les recherches scientifiques qui, a-t-il dit, s’attache à «étudier l’histoire du Maroc et s’investit à faire connaître l’identité culturelle du pays».
Dans une déclaration à la presse, le président de cette fondation, Abdellah Cherif Ouazzani a, pour sa part, souligné que l’objectif de cette rencontre vise à «apporter des éclairages sur le rôle des oulémas soufis dans la défense de l’unité du Royaume et la préservation de son intégrité territoriale et de débattre de leur apport précieux et de leur influence aux plans éducatif et social, ainsi que de leur dévouement dans l’accomplissement des charges qui leur sont assignées».  Les travaux de ce séminaire dont la séance d’ouverture s’est déroulée en présence notamment du wali de la région de Laâyoune-Boujdour-Sakia-El Hamra, M’hammed Dreyf, se sont articulés autour de deux axes.
Le premier a trait au “Soufisme et l’enracinement de la bei’a (allégeance)“ et le deuxième au “Soufisme et l’unité nationale“. Quant aux exposés, ils ont porté sur "l’obligation de l’amour de la patrie dans la pensée soufie" et  sur "les zaouïas soufies dans le Sahara marocain et leur rôle dans le développement humain". Les travaux de ce séminaire ont été clôturés par une séance de “Dikr“, et des panégyriques du prophète Sidna Mohammed.

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