Les médias publics dans la ligne de mire

Cette année encore, le 10 décembre n’échappera pas à la règle. La journée mondiale des droits de l’Homme aura ses sit-in et ses protestations. Le Syndicat National de la Presse Marocaine (SNPM) s’y associe à sa manière. Syndicale et revendicative. Et cette année au syndicat, la revendication est à «la démocratisation des médias publics». Le SNPM aux destinées duquel préside Younès Moujahid appelle en effet à un sit-in «symbolique» devant le siège de la RTM, rue El Brihi. «Les moyens audiovisuels publics représentent un problème immense. Rien n’y change. Nous faisons particulièrement référence à la RTM parce que 2M vient d’adopter le principe de la convention collective qui entre en vigueur en janvier prochain», a déclaré à ALM le secrétaire général du SNPM. Le sit-in qui est organisé en collaboration avec le Forum pour la démocratisation des médias publics- lequel regroupe en son sein toutes les associations de défense des droits humains, l’Union des Ecrivains du Maroc et différentes associations artistiques- est une occasion pour le syndicat de soulever, «une fois de plus», la situation «ambiguë» des journalistes de la radio et télévision marocaines. «Ils relèvent de la fonction publique, ils sont détenteurs d’une carte de presse parce qu’ils sont journalistes, mais ils n’ont pas droit, après cinq ans d’exercice, au congé réglementaire de 45 jours», s’insurge Younès Moujahid. Sur le tableau noir des doléances, la nécessaire réforme de la vénérable institution à travers un nouveau cadre juridique et administratif s’inscrit en très grandes lettres. Ni les différentes réunions tenues avec le Premier ministre ou encore avec le ministre en charge de la Communication, M. Achaâri, ni le mémorandum adressé aux deux hauts responsables n’ont eu raison, selon les responsables du SNPM, «de l’absence de réforme ou de changement». «A en croire Mohamed Achaâri, les projets de loi sur la réforme audiovisuelle sont prêts. Mais nous ne comprenons pas ce qui coince. Et au-delà de la décision politique, c’est tous les jours d’immenses problèmes humains que le syndicat doit gérer», affirme Younès Moujahid. Contacté par ALM, le directeur de la TVM avoue sa stupeur, mais aussi son incompréhension. Fayçal Laâraychi n’a pas été en effet informé de la tenue de ce sit-in. «C’est devant le Ministère de la Communication qu’il aurait fallu l’organiser et non devant la RTM qui est une institution qui est elle- même l’objet d’une telle loi dont elle n’est pas responsable. Un projet de réforme est en cours mais il faut le rappeler aux politiques. Il ne faut pas se tromper de cible », nous a déclaré M. Laâraychi en rappelant qu’il est lui aussi «demandeur de la réforme audiovisuelle».

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