Bouchaib Erraziki : « Un avenir prometteur pour la région»

Bouchaib Erraziki : « Un avenir prometteur pour la région»

ALM : Comment se porte l’activité  économique dans la région de Doukkala-Abda?
Bouchaib Erraziki : Au cœur du littoral Atlantique, la Région de Doukkala-Abda reflète la variété du paysage, la dynamique d’une économie et un patrimoine naturel, historique et culturel important. Sur une côte de 300 km de longueur, les villes de Safi, d’El Jadida et d’Azemmour ont été développées. Elles ont marqué l’histoire du Maroc à plusieurs niveaux. Aujourd’hui, cette région participe activement dans la création de la richesse et de l’emploi au niveau national. Le PIB régional est estimé à 6,8%. Les activités économiques les plus dominantes sont l’agriculture, l’industrie, le tourisme et l’artisanat. Doukkala-Abda est très performante en agriculture. Nous sommes à 38% de la production nationale de la betterave à sucre, 12% du cheptel national bovin, 8% du cheptel ovin et 22% de la production laitière nationale (la province de Sidi Bennour contribue, à elle seule, à 16% du lait au niveau national. La valorisation des produits de terroir est très présente dans le Plan régional Maroc Vert. Je cite, par exemple, l’industrialisation de la câpre. L’arrière-pays de Safi regorge de potentiel de développement de la culture de ce produit. Des projets de lavage, de traitement, de calibrage et de mise en bouteilles sont en train de germer.
 
Qu’en est-il du secteur industriel ?
 Du point de vue industriel, la valeur ajoutée créée est axée  sur l’industrie des phosphates, l’agroalimentaire, l’industrie de poissons, l’énergie, la métallurgie et le gypse. Quelque  279 sociétés de transformation participent à hauteur de 11,2 milliards de dirhams dans la valeur ajoutée industrielle nationale, soit 13% du national et emploient 20.000 personnes.  De ce fait, la région se positionne au 2ème rang au niveau national en matière d’industrie de transformation. Concernant l’attractivité du secteur, les zones industrielles offrent des services de proximité très concurrentiels aux investisseurs (les plus importants: Parc industriel de Jorf Lasfar, ZI D’El Jadida et ZI de Safi). Le territoire d’El Jadida a attiré, à lui seul, 27% des IDE injectés dans l’économie marocaine en 2011. Le parc de Jorf Lasfar, qui est en phase de commercialisation, met à la disposition des investisseurs des lots de terrain adaptés à leurs projets. Jorf Lasfar connaît actuellement une grande pression en termes de demandes d’investissement, notamment en termes d’industries lourdes. Le hub phosphatier de l’OCP attire les investissements de plusieurs pays (Pakistan, Inde, Allemagne, Brésil,…). D’autres investisseurs dans plusieurs branches industrielles se sont installés dans la région.
 

La région de Doukkala-Abda œuvre aussi pour promouvoir son offre touristique. A quel rythme se développe ce secteur ?
 A Doukkala-Abda,  le tourisme est un secteur en pleine mutation. Les sites balnéaires éblouissent tout visiteur, de Haouzia à Souiria Laqdima, en passant par Sidi Bounaim, Sidi Abed, Sidi Moussa, Oualidia, Ayer, Beddouza et Lalla Fatna. La région abrite trois anciennes médinas: Azemmour, El Jadida et Safi. La richesse de l’arrière-pays n’est pas à démontrer. L’hospitalité des Abda, Ahmar et Doukkala, les tazotas, la chasse aux faucons, la chasse aux slouguis (race de chiens à Youssoufia), la pêche au fil,… sont autant d’atouts qui attirent les touristes dans l’arrière-pays. La vision de développement du tourisme dans la région se base sur la proximité des territoires limitrophes émetteurs (Casablanca, Rabat et Marrakech). L’idée est  de développer un axe touristique dédié au tourisme de récréation et d’affaires permettant aux touristes de conjuguer les affaires aux détentes. Et dans ce sens, l’offre touristique de la région de Doukkala-Abda s’articule sur le produit culturel et sportif et sur le produit balnéaire qui attire beaucoup  de nationaux. L’artisanat constitue aussi un pilier de l’économie régionale. La poterie à Safi, le tissage à Sebt Sais, la broderie à Azemmour et à Safi, la ferronnerie à Youssoufia, sont les branches d’activité les plus prisées.
L’artisanat, appelé à se moderniser, présente des capacités non encore exploitées. Le traitement de l’argile, l’industrialisation des outils de production, le marketing des produits sont autant de créneaux porteurs de développement. Les programmes de développement des 4 provinces de la région prévoient la création des espaces nouveaux dédiés à l’artisanat. A Safi, un nouveau village des potiers sera construit. De ce fait, le dynamisme de l’activité économique dans la région n’est nullement à démontrer. Conjugué à l’attractivité de ce territoire, il est garant d’un avenir prometteur.
 
Accor, Italcementi, Lafarge, Kerzner, Nestlé, Taqa, Knauf, Bontaz… Ce sont-là des groupes de renommée internationale qui se sont implantés dans la région, en sus d’autres constructeurs tels que Daewoo, Tekfen et des joint-ventures de l’OCP avec  l’Inde, Pakistan, Brésil, Allemagne,… Quelle est la stratégie du CRI pour attirer davantage les investisseurs ?
Le CRI de Doukkala-Abda est un acteur public incontournable dans la promotion des opportunités d’investissement que présente le territoire. Nous avons bâti, sous l’impulsion du wali de la région et avec la contribution d’acteurs concernés, une stratégie visant l’amélioration de l’attractivité territoriale et le drainage des investissements. Durant les 10 années d’existence du CRI (depuis 2002), cette structure a mené et continue de mener un ensemble d’actions pour démarcher les investisseurs et pour promouvoir l’entrepreneuriat.  
A titre d’exemple, on peut citer le ciblage des investisseurs potentiellement intéressés par l’investissement dans la région, la veille sur le marché, l’organisation des événements, la participation à des salons, l’édition de supports de communication, l’organisation de points de presse au profit des médias locaux, nationaux ou internationaux, le renforcement des relations bilatérales de coopération avec des structures dédiées à la promotion des investissements telle que l’AMDI, et avec des organisations internationales concernées,… Nous sommes également un guichet unique. Nos clients sont accompagnés en interne par une assistance personnalisée, une facilitation des procédures, une interface vis-à-vis des services concernés, une maîtrise des délais, du consulting que nous améliorons pour qu’il puisse répondre aux exigences de cette clientèle.
D’ailleurs, le CRI de Doukkala-Abda a certifié ses services depuis 2009 selon la norme ISO 9001 version 2008.

Les projets-phares de la région de Doukkala-Abda

La construction du port de Jorf Lasfar dans les années 80 a fait l’objet d’un intérêt grandissant au fil des années de ce territoire. L’arrivée de l’autoroute en 2007 de Casablanca à El Jadida  a constitué le déclencheur d’une dynamique économique. Son extension vers Safi à l’horizon 2015 boostera davantage le développement  régional. Le flux massif sur l’acquisition de lots au parc industriel de Jorf Lasfar témoigne de l’importance accordée à cette infrastructure dédiée à l’industrie de 1ère catégorie. Une 2ème tranche de ce parc sera incessamment viabilisée sur 250 ha. Un nouveau port sera construit au sud de Safi et sera dédié au trafic des mines (et la région aura donc son 5ème port ajoutée à deux points de débarquement en projet à Sidi Abed et à Beddouza). Une centrale thermique qui se prépare sur une plate-forme limitrophe à ce port rendra la région un producteur principal d’énergie au Maroc. Safi sera liée à Marrakech par une voie rapide, ce qui développera le trafic des biens et des personnes entre ces deux villes.

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