Economie

La chute des prix, seule bonne nouvelle pour l’économie

Les cours pétroliers continuaient leur repli et sont tombés pour la première fois depuis sept mois sous la barre des 90 dollars, seule bonne nouvelle en pleine débâcle des marchés financiers, même si elle est le reflet du ralentissement économique généralisé. Mardi, le prix du baril de brut a dégringolé jusqu’à 88,99 dollars à Londres et à 90,55 dollars à New York, des niveaux qui n’avaient plus été observés depuis sept mois. Depuis ses records du 11 juillet, le baril a donc perdu 39% de sa valeur. Une chute qui reflète la détérioration des marchés financiers et des perspectives de croissance mondiales, qui devraient peser sur la consommation de pétrole. L’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) a ainsi revu à la baisse mardi ses prévisions de hausse de la demande de pétrole pour 2008, une semaine après que l’Agence internationale de l’énergie ait fait de même. «La demande de brut des pays industrialisés a affiché un nouveau recul en août en raison d’une chute abrupte de la demande de pétrole aux Etats-Unis. Ce recul (…) est le résultat du ralentissement de l’économie et des prix élevés» de l’essence, a noté l’Opep dans son rapport mensuel mardi. Un phénomène bien visible en France, où la consommation de carburant a plongé de 12% en août et de 7% sur les trois derniers mois.
Après avoir profité de recettes pétrolières jamais égalées, les pays producteurs voient pour beaucoup avec angoisse les cours pétroliers plonger. En Russie, la chute est particulièrement rude, puisqu’elle a accentué le repli de ses marchés boursiers, qui se sont écroulés de plus de 50% depuis leurs sommets de mai. L’Opep a tenté de freiner cette chute en décidant lors de sa réunion de la semaine dernière d’exiger de ses membres un strict respect de ses quotas, ce qui correspondrait de facto à une baisse de production de 520.000 barils par jour. Mais pour des économies occidentales en pleine tourmente, la chute des prix du brut signifie enfin un peu de répit. «C’est un soulagement», estime Gilles Moëc, économiste de Bank of America, qui juge que la flambée pétrolière du début d’année est la principale cause du basculement des économies de la zone euro vers la récession. La chute des cours pétroliers devrait donc calmer l’inflation, qui a atteint des records aux Etats-Unis et en Europe en juillet, dans la foulée des prix du brut. S’il faut compter sur «un temps de latence, on verra sans doute les bénéfices de ce repli au quatrième trimestre voire en 2009. À l’horizon d’un an, cette baisse peut soutenir la croissance de zone euro à hauteur de 0,4 point de croissance», juge M. Moëc. Pour lui, c’est  «assez pour éviter une récession durable» dans la zone euro.

• Véronique Dupont (AFP)

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