Chroniques

Mieux mentir, pour mieux vivre ?!

© D.R

Pourquoi nous pousser à communiquer le faux, à troquer le vrai pour le non vrai, à contrecarrer la vérité, à mystifier la réalité, à tromper autrui et à nous tromper, à se lier à la contrevérité, à commettre l’irréparable…

Quand j’étais petite on m’a toujours dit, et cela très tôt, que mentir ce n’était pas bien ! On vous l’a certainement dit aussi.
Quand j’étais un peu moins petite, je me suis ainsi appliquée et engagée à ne pas mentir !
Quand j’étais grande j’ai continué à essayer à ne pas le faire, surtout les fois où dire la vérité ne m’a pas servie ou du moins c’est ce que j’ai ressenti ou cru ressentir à ce moment-là, ou du moins encore c’est ce que j’ai cru ou c’est ce qu’on a tenté de me faire croire !
Quand je suis devenue plus grande, on a commencé à me dire que dire la vérité ça n’est pas toujours bien !
Alors ! Vous imaginez bien, que pour l’enfant que j’étais, devenue l’adulte que je suis, c’est un peu brouillon, très bizarre et que c’est surtout la confusion totale entre le « mentir c’est mauvais» et le «dire la vérité c’est mauvais».
Une question s’impose ici !
Qui m’a dit ça ?! Est-ce les mêmes personnes ?! D’autres personnes ?! Un mélange des deux ?!
Pourquoi ces mêmes personnes ont-elles changé d’avis, de valeurs, de feuilles de route, que leur est-il arrivé en cours de cette même route ?!
Je ne parle pas du : ne pas dire, ou du : ne rien dire !
Je parle ici du : ne pas dire la vérité ! Qui signifierai : Mentir !
La différence est grande !
Pourquoi ces personnes me brandissent-elles ces conseils de vie et de vivre en ensemble, qui semblent si importants et vitaux pour elles ?! Pourquoi y croient-elles aussi fort et tentent-elles de m’y faire croire ?! Que leur est-il arrivé?!
Qu’est-ce qu’il leur prend à toutes ces personnes à vouloir me convaincre de ne pas dire la vérité, même la plus anodine de vérité ! Je dois dire quoi alors ?!
Pourquoi ce «tournage de veste» si brutal et si déconcertant, par certains !
Pourquoi nous pousser à communiquer le faux, à troquer le vrai pour le non vrai, à contrecarrer la vérité, à mystifier la réalité, à tromper autrui et à nous tromper, à se lier à la contrevérité, à commettre l’irréparable… Nous pousser nous celles et ceux qui continuent à vouloir faire ce qu’on nous a dit de ne pas faire quand on était petits, à faire le contraire… Ils auraient donc évolué eux et pas nous ?! Evoluer n’est-ce pas s’assumer et s’épanouir… ?!
Pousser au mensonge sous prétexte, que ça nous protègerait, que ça nous éviterait de nous faire démasquer et d’apparaître au grand jour! Mais pourquoi donc craindrait-on d’être nous-même, et de le vivre ce nous-même ?! Nous protéger de quoi, de qui ?!
Le mensonge petit ou grand est irréparable, à cause des conséquences qu’il engendre !
On peut s’en excuser ! Et on doit s’en excuser ! Cela permettra peut-être une réconciliation toutefois relative auxdites conséquences mais ne les fera pas disparaître pour autant.
Mentir pourquoi d’ailleurs ?!
Les petits mentent pour éviter de se faire punir, pour espérer obtenir plus de friandises, pour prolonger leur moment de jeu, pour faire plaisir à leurs parents…
Le jeu en vaut-il la chandelle ?! Ou plutôt le mensonge en vaut-il la vérité ?
Car ici on pourrait éventuellement nommer ça des petits mensonges, sauf dans le dernier cas cité plus haut. Car pour plaire aux parents, le mensonge peut devenir plus important et se faire même plus tard, c’est-à-dire à l’âge adulte. Le «rendre ses parents fiers» est un cordon à la longévité longue et robuste, et qui coupé quand il le faut, n’empêchera pas l’amour et la bienveillance parents-enfants mais empêchera de mentir et de se faire passer pour qui on n’est pas.
D’autres schémas peuvent également conduire à la vérité déguisée. Dans le couple, les parents envers leurs enfants cette fois-ci, entre amis…Toujours pour des raisons de satisfaire l’autre, lui plaire, des raisons où l’on a peur de la vérité et de ses conséquences… Peur d’être non accepté, rejeté, non aimé, non apprécié, non compris, pas à la hauteur…
Au travail, pour créer de l’espoir, user de la motivation, et causer ensuite le désespoir… Car faire de fausses promesses, c’est aussi mentir !
Il y a certes des vérités qu’il est préférable de ne pas partager mais il est cependant indispensable de les régler avec soi-même… Par exemple les exprimer pour se soulager, pour se réconcilier avec soi-même… pour vivre en paix…
Ici, je vous parle d’un autre genre de vérité, la plus simple, la plus commune qu’on n’a pas envie de dissimuler, de dénaturer, celle qui tout simplement est la vérité du moment, de la discussion, de l‘échange…de nous…
Eh bien non ! et non !
De pseudos grands sages des relations sociales, des faux sages qui s’improvisent sages, nous conseillent cette non vérité et nous l’indiquent strictement et sérieusement comme si y faillir etait une outrance sociale et relationnelle. D’ailleurs, leur ferveur mise dans ce qu’ils nous dictent peut nous renseigner clairement sur leur vérité envers eux-mêmes !
De pseudos grands experts démagogues s’insurgent contre l’expression de la vérité et s’en méfient comme de la peste, car pour eux elle n’est que bêtise, que faiblesse et que dévoilement qui permettrait à l’autre, cet ennemi juré qui serait partout apparemment, de nous attaquer, nous piéger, nous conquérir… Une sorte de paranoïa voilà !
Les grands opposants à la communication bienveillante, voilà qui sont -ils ! Ceux-là même qui rêvent d’un monde où personne ne dirait ce qu’il ressent, ce qu’il pense, ce qu’il souhaite, ce qu’il aime, ce qu’il aimerait faire, ce dont il est fier, ce qui le rend heureux…
Ce serait donc, un «A bas la communication authentique et sincère» et un «Vive le tumulte du mensonge» ! Ce dernier ira même jusqu’à être invoqué tel un lifeskill, qui ouvrirait les portes d’une soi-disant réussite, d’un sombre mystère, d’un suspicieux suspens, et de la déroute du flou !
Le flou voilà !
Surtout ne jamais être précis et clair !
Comment peut-on donc communiquer sans ces leviers de la communication efficace et interactive que sont la précision et la clarté ?!
Comment peut-on donc avancer, construire, et cohabiter… ?!
De «mentir : ce n’est pas bien» à «mentir : c’est mieux» ! il y a un long et triste chemin, voilà la vérité !
Pour en arriver à recommander le mensonge comme solution et comme outil de communication, le chemin est très triste !
Oui toute vérité n’est pas toujours bonne à dire !
Mais entre ne pas dire et mentir, la distance est énorme !
Légitimer le mensonge est dangereux quelle qu’en soit la cause.
Et comme le dit si bien cette citation : «La vérité attend. Seul le mensonge est pressé.»
Et moi je dirais :
Rien ne sert de mentir, il faut dire la vérité à point…

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