Coutumes et traditions de la Nuit du Destin

Coutumes et traditions de la Nuit du Destin

Moment historique de révélation du Coran, «Lailate Al Qadr» est une Nuit de recueillement et de ferveur. Cette Nuit constitue également une occasion de fête et de joie où les musulmans célèbrent ce moment historique de révélation du Coran. Dans la région du sud et comme un peu partout au Maroc, la célébration de la Nuit du Destin est marquée par des coutumes et traditions conservées dans le temps et transmises d’une génération à l’autre. «Je garde en mémoire de bons souvenirs de ce moment sacré. Petite, j’attendais cette Nuit tout au long du Ramadan. Les coutumes familiales observées à cette occasion et durant tout ce mois sacré constituaient pour nous, enfants, un moment d’émerveillement et de joie. D’abord on aimait, malgré notre jeune âge, jeûner au moins quelques heures ou une demi-journée. Et un sentiment de joie nous habitait parce qu’on se sentait adultes et que nous sommes de bons musulmans», souligne Halima, la trentaine. Et d’ajouter en souriant : «Le moment qui m’a marqué le plus c’était à l’âge de 8 ans. J’avais, pour la première fois, jeûné un jour en entier et cela coïncidait avec la Nuit du Destin. Ma mère m’avait mis un beau caftan vert et des babouches. J’ai également eu droit à beaucoup de soins et de tendresse. On m’a maquillée et j’ai mis du henné sur les mains. Je garde encore la photo de ce premier jour de jeûne et je la contemple souvent avec une grande nostalgie. C’est l’un de mes plus beaux souvenirs d’enfance et j’aimerais bien perpétuer cette coutume et faire un jour la même chose avec ma fille Hajar», souligne-t-elle.
La Nuit du Destin constitue aussi un bon souvenir d’enfance pour les garçons. «Depuis mon jeune âge, j’attendais impatiemment le mois sacré de Ramadan. J’adorais tous les rituels familiaux et surtout ceux réservés à la Nuit du Destin. Ma mère m’habillait en dejllaba blanche, babouches et mon père m’emmenait avec lui à la mosquée où l’on passait de longues heures et restait jusqu’au petit matin pour prier et lire le Coran. Je rencontrais mes amis du quartier et ils nous arrivaient de manger à la mosquée puisque plusieurs familles apportaient de grands plats de couscous à la mosquée», nous explique Hatem. Si les rituels et coutumes de cette Nuit sacrée sont identiques un peu partout au Maroc, certaines régions conservent encore des coutumes spécifiques. Dans les douars de Taroudant, la célébration de cette Nuit se passe dans une grande convivialité. «On célébrait cette Nuit dans un fort esprit communautaire. Les femmes se regroupaient dans la grande place du douar pour préparer le couscous et chacune d’elles apportait un ingrédient : légumes, semoule, poulet. On regroupait le tout et on commençait alors à préparer une grande quantité de couscous avec du poulet «beldi». C’est le plat principal pour cette Nuit sacrée. Une fois le couscous cuit, on commence alors à servir du couscous à chaque maison du douar», nous explique Fattouma. «Lors de cette Nuit sacrée, chaque femme doit également brûler de l’encens chez elle et du “Bkhour“», souligne-t-elle. Un autre rituel vient marquer la Nuit du Destin au niveau de Taroudant. «Les enfants et hommes de la ville se regroupent et s’habillent en djellaba en portant de grandes bougies et des tambourins. Ils circulent en ville en jouant la «Dekka Roudania» et en chantant les louanges du Prophète», déclare Aicha. La Nuit du Destin est fêtée dans le même esprit de partage et de joie. «Le plat principal concocté pour cette occasion reste le couscous avec du poulet «beldi» quoique certains optent pour le poulet «beldi» rôti. Comme pour les autres grandes fêtes, les femmes vont au hammam et peuvent se permettre de mettre le «khol». De même pour les petites filles. Au niveau de Ouarzazate, la femme ne peut pas mettre de make-up durant ce mois sacré de Ramadan», déclare Salama.

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