Mohamed Zyat: «Il n’y a pas une industrie musicale au Maroc, mais il existe de l’autoproduction»

Mohamed Zyat: «Il n’y a pas une industrie musicale au Maroc, mais il existe de l’autoproduction»

Entretien avec Mohamed Zyat, chanteur, parolier et compositeur

à chaque fois que les médias parlent d’une chanson, ils évoquent seulement le nom du chanteur et ignorent ceux du parolier et du compositeur. Alors que ceux-ci doivent être cités. Eux aussi ont participé à la réalisation de la chanson.

ALM : Tout d’abord, parlez-nous de vos de projets…

Mohamed Zyat : Je viens de faire un duo avec Rami Latich, chanteur résidant en Belgique. La chanson qui s’intitule «Mgharba» est écrite par moi-même et composée par Mounir Massoud. Elle sera dévoilée pour la première fois lors de la cérémonie de la fin d’année sur la deuxième chaîne 2M. Il y aura également un duo intitulé «Sawtek» «Ta voix», avec la chanteuse franco-marocaine Didi Boun. La chanson est composée et réalisée par moi-même. Sa sortie est prévue en début janvier 2017. J’ai composé également une autre chanson, «Mehtara», qui sera chantée par Souad Hassan.

On parle souvent de crise de la chanson marocaine, qu’en pensez-vous ?

Je peux dire que la chanson marocaine a dépassé les frontières et a réussi à trouver sa place dans le monde arabe grâce à la nouvelle génération de chanteurs sauf qu’il existe encore un grand problème au niveau du contenu de la chanson, des paroles qui ne riment pas avec la composition musicale. D’ailleurs, la valeur artistique de la chanson est un tout : paroles, voix et rythme.

Est-ce vrai qu’il y a de moins en moins de paroliers?

Ce n’est pas la disparition des paroliers qui explique ce phénomène mais l’engouement de certains chanteurs pour un même style musical. Cela génère de la masse et une mauvaise qualité. Je peux également dire que les chanteurs ne prennent pas en considération le choix des mots et essayent d’utiliser des mots compréhensibles par les jeunes car ils sont habitués à les utiliser dans leur entourage. Ces jeunes si on leur présente des paroles écrites par Feu Ahmed Tayeb Laalej ils ne vont rien comprendre.

Vous avez dit à la presse que celle-ci a tort de sous-estimer les compositeurs. Vous avez des problèmes avec la presse ?

Effectivement, j’ai dit que les médias sont responsables dans la mesure où, à chaque fois qu’ils parlent d’une chanson, ils évoquent seulement le nom du chanteur et ignorent ceux du parolier et du compositeur. Alors que ceux-ci doivent être cités. Eux aussi ont participé à la réalisation de la chanson. Souvent, on oublie que le compositeur et le parolier ont participé à la réussite d’une chanson.

Pensez-vous que la nouvelle vague qui cartonne a contribué à la réussite de la chanson marocaine ?

Oui, il existe des noms qui ont fait rayonner la chanson marocaine ailleurs. Celle-ci est devenue une nouvelle tendance dans les pays du Golfe. Elle se vend de plus en plus. Je peux citer le cas de Hatim Amor. Celui-ci a été le premier à faire connaître la chanson marocaine. De son côté, on trouve Saâd Lamjared qui a été plus intelligent au niveau de choix de son style musical. D’ailleurs, il a pu travailler avec des compositeurs et des arrangeurs de plus en plus connus.

Existe-t-il une industrie musicale au Maroc ?

Il n’existe pas une industrie musicale au Maroc mais il existe de l’autoproduction. La plupart des chanteurs produisent eux-mêmes leurs chansons, et je peux citer le cas de Asmaa Lemanwer ou Saâd Lamjared. Pour avoir une industrie musicale, il faut avoir toute une chaîne. Je peux dire qu’on a commencé à avoir de plus en plus une culture de manager. Celui-ci est un intermédiaire professionnel entre les artistes et les différents acteurs de l’industrie musicale. Il joue un rôle important pour la gestion de la carrière de l’artiste.

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