Bonjour

Il est des évènements culturels dont la densité remarquable, l’intensité du moment, marque profondément les esprits. C’est un moment rare, en effet, que de se retrouver, tous, en une prière esthétique collective —une prière à la beauté—, communiant en un silence curieux et attentif, prostrés, dans un lieu au raffinement absolu, aux volumes parfaits et à l’authenticité architecturale indiscutable. La Medersa du Sultan Abou Inan laissait agir ses charmes, ses envoûtements et ses enchantements. Un mécène, Othman Benjelloun, lui a, dans une discrétion réelle et une générosité obstinée, redonné vie. Elle rend tout cela, aujourd’hui, au mécène et à ses invités au centuple indicible par mille éclats de bonheur et de plaisir des yeux et des âmes enfin apaisées. Pourquoi on s’occupe de ces vieilles pierres témoins d’un passé qui ne reviendra jamais ? Probablement pour en extraire cet amour fondateur et originel sans lequel les identités seraient hésitantes, les partages peu féconds et la vie en commun moins clémente pour ceux qui ont peu. Un beau livre, — un très beau livre pour être honnête— Fès : mille deux cents ans d’Histoire, a été le prétexte initial pour cette découverte merveilleuse. Une interaction dense et saisissante entre un lieu et un livre. L’un vérifiant si l’autre a bien consigné avec la piété intellectuelle nécessaire les prières œcuméniques de ceux qui ont fait de cette ville, étrange et troublante, à un moment de son Histoire, une capitale de l’humanité heureuse. L’éloquence des intervenants. L’érudition fulgurante de Abdelhadi Tazi qui a fait revivre le Sultan Abou Inan en sa demeure. La nonchalance feinte et amicale de Mohamed Benaïssa qui a présenté les contributions inestimables qui font la substance de ce livre. Et puis, enfin, Othman Benjelloun, timide et fragile à la fois, remerciant avec douceur, comme à l’accoutumée, ses invités et amis de lui donner, juste par leur présence, une motivation supérieure, une exaltation nouvelle, pour entreprendre des actions en faveur de l’art, de la beauté, de la culture ou, simplement, des hommes.

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