Périscope : La route est longue

L’attaque hier du poste frontalier de contrôle de l’armée israélienne, qui a fait sept morts et plusieurs blessés, vient confirmer que la route de la paix est encore très longue en Palestine. Le Jihad islamique, le Hamas et les Brigades d’Al-Aqsa ont revendiqué ensemble l’opération. Une première dans le long processus de lutte contre l’occupation israélienne qui confirme le choix de la résistance armée pour contrecarrer les options diplomatiques négociées par Mahmoud Abbas à Aqaba, en Jordanie. L’attaque du poste israélien est un défi direct au Premier ministre palestinien qui essayait de persuader les fédaiyines d’arrêter les opérations militaires. C’est aussi un sérieux revers pour le plan de paix soutenu par les Etats-Unis.
L’épisode d’Aqaba est donc loin d’être l’épilogue de la lutte armée et du drame palestinien. La guerre n’est pas encore finie, même si le sommet américano-israélo-palestinien a dégagé un élément capital : Sharon a reconnu la naissance de l’Etat palestinien. Aucun Premier ministre de l’avait encore fait. Aucun homme politique israélien ne pourra désormais remettre en cause cet immense acquis. Il n’est cependant pas apprécié de la même façon que l’on se place du côté de la résistance ou de celui des politiques. Mahmoud Abbas, ne s’y est d’ailleurs pas trompé,  car tout en se disant décidé à stopper les attaques anti-israéliennes, n’avait pas réitéré que la fin de l’agression israélienne « était la condition absolue à une fin de l’Intifada ». Les groupes armés de la résistance palestinienne n’ont pas raté l’opportunité, puisqu’ils ont immédiatement repris les opérations militaires.
Plus d’un demi-siècle de conflits et des dizaines de plans de paix mort-nés. Chaque fois on croyait que le règlement était à portée de main, mais l’espoir s’envolait aussi vite qu’il était apparu. Aujourd’hui, le même scénario se profile même si l’appellation, « feuille de route », a changé. Une « feuille de route » qui paraît piégée, ce qui explique le scepticisme qui domine de par et d’autre, en dépit de deux sommets et de déclarations solennelles. L’erreur est certainement d’avoir assimilée la résistance légitime du peuple palestinien à l’occupation israélienne, au terrorisme. « Feuille de route » ou sommets, les impondérables sont importants dans cette course-poursuite : les craintes émanent de la réelle possibilité de voir les Américains devenir juges et partie et que les Palestiniens, des laissés pour compte, subissent sans réelle possibilité de reconquérir à terme leurs droits historiques.

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *