Agriculture : une année difficile

La zone d’action de la Direction provinciale de l’agriculture (DPA) de Meknès comprend trois cercles, six municipalités et 17 communes rurales. Elle s’étend sur une superficie de 1786030 ha et est de type semi-aride avec une moyenne annuelle de précipitations variant entre 400 et 600 mm. Selon la DPA la superficie agricole utile (SAU) est estimée à 149500 ha, soit 80% de la superficie totale. Elle est répartie en 79243 parcelles, soit un nombre moyen de cinq parcelles par exploitation. La superficie irriguée représente seulement 9% de la SAU. Les céréales occupent la première position avec une superficie de 89400 ha, (58 %), suivies de l’arboriculture fruitière (14%) et des légumineuses (9%).
Le blé tendre est emblavé sur une superficie de 51.800 ha  (80% de la superficie des céréales) avec une production annuelle de 1.560.000 quintaux par an, alors que la production du blé dur s’élève à 287.500 quintaux  par an .En troisième position vient l’orge avec 151000 quintaux par an et l’olivier avec une production annuelle de 29.705 tonne par an. Pour ce qui est de la production animale, la région de Meknès possède un cheptel très diversifié : 143.620 ovins, 24.020 bovins et 12.150 caprins, ce qui permet une offre soutenue de viande rouge pour les marchés de la région évaluée à 5.500 tonnes par an,et une production laitière annuelle de  6.700.000 litres. Quelques soixante deux coopératives agricoles et une dizaine d’associations sont actives dans la région.
Toutefois, l’agriculture locale souffre de plusieurs problèmes. Au premier rang, figurent la pauvreté des agriculteurs, l’irrégularité spatiale et temporelle des précipitations atmosphériques ce qui explique le comportement de prudence observé par les agriculteurs quant à l’adoption d’itinéraires techniques performants. S’y ajoutent également la dominance des terres bours (91% de SAU) et le morcellement accentué des exploitations, ce qui handicape quelque peu l’instauration d’un système productif performant.
Le secteur agricole souffre, en outre, de l’insuffisance des moyens financiers et d’une organisation professionnelle dynamique et de la faible implication des agriculteurs dans les programmes publics de développement. Les autres dangers qui menacent l’agriculture tiennent à l’érosion accentuée des terres agricoles, à la dégradation de l’environnement et à l’existence d’un système d’élevage caprin,bovin et ovin extensif et traditionnel, ce qui a un effet néfaste sur la forêt. Dans ce cadre, la DPA estime que le développement agricole nécessite pour sa relance une stratégie forte à travers une réforme de taille par des actions bien réfléchies et une vision claire et à long terme.
Cette stratégie devrait prendre en considération la valorisation des richesses potentielles paysannes. Les responsables de la DPA insistent également sur le transfert des technologies, la nécessité de la restructuration de l’agriculture et de l’intervention de l’Etat, ainsi que sur la recherche d’autres créneaux porteurs en relation avec les potentialités de la région.

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