Ahansal : Courir pour des prunes

Ahansal : Courir pour des prunes

Lahcen Ahansal a entamé la quinzaine la plus riche de l’année, celle qui connaît le déroulement du Marathon des Sables. Depuis le 8 avril dernier en effet, les quelque 600 participants  sont en plein désert marocain. Mais la vraie compétition n’a commencé que le 10 de ce mois. Elle se terminera le 16 du même mois alors que la 20ème édition de cette manifestation de sport extrême se terminera officiellement le 18 avril. Le fils de Zagora, aux côtés de son frère Mohammed, se lance donc depuis quatre jours à la conquête d’un huitième titre. Mais ce très prestigieux palmarès ne lui sert pas à grand-chose.
Lahcen Ahansal, chamelier de son état, ne dispute que quelques compétitions de courses par année. Il est vrai qu’il est le spécialiste de ce type de courses, pas nombreuses et qui  se déroulent dans des conditions climatiques insupportables. Mais c’est surtout le manque de moyens qui pousse Lahsen et son frère à rester chez eux.
Pendant de longues années, ils ont couru sans sponsor supportant seuls les frais de participation au marathon qui s’élèvent à 2.530 euros chacun (près de 29.000 dirhams) pour la 20ème édition qui se déroule actuellement. Des frais payés depuis par leur sponsor officiel, la Royal Air Maroc. Cette année, si Lahsen arrive à décrocher la première place, comme il a réussi à le faire jusque-là, il empochera la somme de 5.000 euros (57.000 dirhams). Son frère Mohamed, abonné pour sa part à la seconde place gagnera la somme de 3000 euros (près de 34.000 dirhams).
Des sommes qui constituent l’unique ressource financière des Ahansal pour toute l’année. C’est que ce fabuleux potentiel athlétique est resté pendant longtemps inexploité commercialement. Ce n’est qu’en 2004 que le champion national de Attijariwafa bank a eu recours à Lahsen pour une publicité institutionnelle pour la somme de 20.000 dirhams. La précarité financière de Lahsen et Mohamed ne s’arrête pas là. À cette situation s’ajoute une autre injustice: l’indifférence de la Fédération royale marocaine d’athlétisme (FRMA) qui ne leur accorde pas le titre d’athlètes. Ils ne sont en effet pas licenciés auprès de l’instance nationale qui pousse le bouchon jusqu’à ne pas reconnaître la manifestation. Bizarre si l’on sait que le Marathon des Sables est parrainé par l’IAAF ainsi que par la Fédération française d’athlétisme. Ce sont d’ailleurs les experts de l’instance internationale qui supervisent les différents tests anti-dopage qui s’effectuent tout au long de la course.
Derrière cette manifestation, un seul homme, Patrick Bauer, directeur général d’Atlantide Organisation. Depuis vingt années, ce Français veille au grain et sur le bon déroulement de la compétition. C’est lui qui invite les athlètes engagés, dresse les comptes et huile la machine logistique de cette grande manifestation qui rapporte manifestement gros.
Il n’y a qu’à voir le nombre de sponsors qui y ont lié leur image. Le succès est tel que Patrick Bauer a initié une compétition pareille, au Mali cette fois-ci. Mais la Desert Cup, c’est son nom, est loin d’être aussi fructueuse que son homologue marocaine.

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *