Perspectives : Ce que souhaitent les Américains

Un code de travail équilibré et cohérent, un système de justice transparent et efficace, une propriété intellectuelle respectée et un système d’éducation profitable aux besoins des entreprises. Telles sont les quatre recommandations de la Chambre de commerce américaine au Maroc pour permettre une « pleine réussite au futur accord de libre-échange » (ALE), que le Maroc et les Etats-Unis sont en voie de conclure. Parues dans un rapport transmis par cette Chambre au Représentant américain au commerce international, il s’agit de «conditions» jugées tributaires de l’amélioration de l’environnement des affaires, estime l’AmCham. Laura Lane, vice-présidente de la firme Aol Time Warner a également appelé à l’inclusion dans ce projet d’accord  des clauses de protection de la propriété intellectuelle en matière de production musicale, étant donné l’importance du problème du piratage qui existe, a-t-elle estimé, dans ce secteur au Maroc. Selon elle, le piratage dans l’industrie de la musique sur le marché marocain occasionnerait à sa compagnie un important manque à gagner, en particulier compte tenu de la qualité des produits contrefaits localement, a-t-elle dit.
Les 120 entreprises américaines présentes au Maroc, poursuit le rapport, estiment que l’accord de libre-échange leur permettra de développer des affaires et, partant, créer de nouveaux emplois directs et indirects et renforcer la présence des entreprises américaines au Maroc. Mais pour cela, il faut que les conditions précitées soient appliquées et respectées. D’autant plus que, si l’accord vient à se concrétiser, les échanges commerciaux entre le Maroc et l’Oncle Sam connaîtront, dans un premier temps, une hausse de 300%. Ces échanges ont déjà atteint 60% de plus au cours des six premiers mois de l’année en cours par rapport à l’année dernière durant la même période (710 millions en 2002 contre 378 millions de dollars en 2001). Le Maroc a également bénéficié de la majorité des fonds octroyés par l’Agence américaine pour le commerce et le développement (3 millions de dollars) au cours des deux dernières années. Les actions de libéralisation de l’économie entreprises par le Maroc y sont pour beaucoup et aboutiront, selon les responsables américains, à l’accroissement des investissements américains. Le rapport indique également que ces sociétés, dont les investissements s’élèvent à 600 millions de dollars, ont créé plus de 90.000 emplois directs et indirects dans divers secteurs d’activités allant des télécommunications aux produits pharmaceutiques en passant par la restauration rapide.
Ces sociétés, note le rapport, ont consacré plus de 222.000 heures de formation à leur personnel en 2001 et ont versé plus de 57 millions de DH en cotisations à la CNSS.
Prometteuses, les négociations entre le Maroc et les Etats-Unis n’en sont pas moins difficiles. Aux volets précités, viendront certainement s’ajouter d’autres. A commencer par l’agriculture, le textiles et le secteur des assurances.

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