Éditorial

L’effort d’intégration que fournit la Fondation Mohammed VI pour la réinsertion des détenus est remarquable. Il est sans doute insuffisant, compte tenu de l’immensité de la demande, mais il reste un travail pionnier et fondateur. Voir le chef de l’Etat en personne distribuer des diplômes de formation professionnelle à de jeunes détenus qui préparent leur retour à la vie «normale» est une image très forte. Elle humanise le repris de justice que sa condamnation n’exclut ni de l’humanité ni des bénéfices universels des droits de l’Homme. Et elle donne de l’Etat, justement, une haute image de conséquence et de responsabilité à l’égard de tous les citoyens. Cependant, un Etat qui réussit l’insertion d’ex-prisonniers doit pouvoir, et c’est naturel, également réussir dans toute la chaîne de répression, des délits à la liberté retrouvée. De l’arrestation, à l’interrogatoire, aux gardes à vue, à la détention préventive, au procès, etc. La dédensification des prisons relève de la même démarche. La limitation de la détention préventive dans les limites raisonnables et justifiées également. Sinon, avant la Fondation, sur laquelle l’engagement  personnel du Souverain est sans faille, aucune réflexion institutionnelle n’était  produite, et aucune action d’envergure menée. On revient de loin, en effet, et l’on devrait se féliciter sincèrement que notre pays, dans le cadre de toutes les mises à niveau en cours, ait la volonté, le temps et le courage de penser à ses détenus. Ce n’est pas le cas partout dans le monde. Surtout dans le monde qui nous ressemble.

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