«Le coiffeur de Derb Al Fokara» arnaquait des agences bancaires

Du trafic de drogue à l’émission de chèques sans provision, Abdelghani a fini par devenir un escroc de haut calibre. Il est arrivé à mettre plusieurs agences du Crédit Agricole dans ses filets. Âgé de quarante-cinq ans, il a abandonné l’école alors qu’il n’était qu’en sixième année d’enseignement fondamentale. Par la suite, il est devenu coiffeur. Seulement, il semble que le coiffeur de Derb Al Fokara, quartier Derb Soltan, à Casablanca, s’est très vite lassé de ce métier et finit par l’abandonner définitivement.
Un métier qui n’est resté gravé que sur sa carte d’identité nationale. Influencé par quelques jeunes de son quartier qui se noyaient dans le monde du trafic de drogue, Abdelghani est devenu un dealer. Il a été arrêté une première puis une deuxième fois. Au bout de la troisième arrestation, il a décidé de mettre fin au trafic de haschich. Il cherche alors une activité lui permettant de gagner de l’argent facile. Entre-temps, il a mis la main sur le carnet de chèque de son épouse, avec laquelle il avait eu un malentendu, ainsi que sur d’autres chéquiers appartenant à des tiers. Il a commencé à éparpiller à gauche et à droite des chèques en bois. Il a été arrêté à deux reprises. Mais l’argent facile le séduisait. Le jeu de l’émission de chèques sans provision le passionnait tellement au point que cela lui a coûté trois autres condamnations à la prison ferme.
En 2007, il décide de passer à un nouveau jeu d’escroquerie : cibler les agences du Crédit Agricole. Pour cela, il voyage à la capitale ismaélienne, Meknès. Grâce à l’argent qu’il avait amassé en vendant de la drogue et en émettant des chèques  sans provision, il ouvre un compte bancaire à l’agence Mohammed V, en versant une première somme de trente-neuf mille dirhams.  Quelques jours plus tard, il a ajouté une somme de dix-sept mille dirhams. Ce qui lui a permis de recevoir «Addiftar Al Akhdar Al Moumtaz» (Le super livret vert). Il commence  alors à tirer de temps en temps une somme d’argent de son compte.
A chaque remboursement, Abdelghani déchirait le feuillet où le premier employé avait rédigé l’opération pour s’adresser à une autre agence et tirer une nouvelle somme tout en faisant croire à l’employé n’avoir jamais effectué d’opérations. En conséquence, son compte  était resté comme s’il avait effectué une seule opération. 
Après Meknès, il a emballé ses bagages pour retourner à Casablanca et commence une nouvelle aventure à travers les différentes agences du Crédit Agricole. Seulement, il n’a pas pu dépasser deux opérations.
Un employé de l’agence Mohammed VI s’est très vite rendu compte des feuillets déchirés du livret. Aussitôt, il a avisé son directeur, qui à son tour a alerté la police judiciaire de Mers Sultan-El Fida.

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