«Verisante Aura» : Un moyen plus rapide d’identifier le cancer de la peau

«Verisante Aura» : Un moyen plus rapide d’identifier le cancer de la peau

La détection du mélanome, la forme la plus mortelle du cancer de la peau, s’appuie encore sur le jugement visuel des dermatologues qui estiment à l’œil si un grain de beauté nécessite une biopsie. Un nouveau dispositif portatif développé par des scientifiques de l’Agence de lutte contre le cancer de la Colombie Britannique au Canada  (BCCA) pourrait donner une information instantanée au sujet de la constitution moléculaire des mélanomes. Le dispositif, appelé «Verisante Aura» est tenu au dessus d’un grain de beauté et recourt à la spectroscopie Raman, une technique qui distingue les molécules selon leurs états vibrationnels, pour déterminer les molécules dont la concentration est caractéristique du mélanome. L’appareil retourne un diagnostic en quelques secondes. Après un essai clinique à petite échelle, la compagnie Verisante procéde actuellement à l’analyse des essais cliniques sur un échantillon de 1.000 grains de beauté. L’objectif de l’entreprise est d’obtenir au cours de l’année 2011 l’autorisation de mise sur le marché par la FDA aux Etats-Unis ainsi qu’au Canada. Pour les patients pour lesquels le mélanome n’est pas détecté tôt, l’espérance de vie est inférieure à un an. Et les statistiques de contraction du mélanome atteignent des sommets. On estime aujourd’hui qu’un américain sur 58 sera atteint de mélanome au cours de sa vie alors que ce taux n’était que de 1 sur 1.500 en 1935. Le travail de développement de ce nouveau dispositif a commencé dans les années 2000 lorsque les dermatologues de la BCCA ont commencé à s’interroger sur la possibilité de diagnostiquer des maladies de la peau à l’aide de caractéristiques spectrales. Dans la spectroscopie Raman, la lumière laser modifie les états vibrationnels des liaisons des molécules ce qui provoque un décalage spectral dans la lumière qui est réfléchi en arrière vers un détecteur. L’amplitude et le sens du décalage spectral renseignent sur les molécules présentes ainsi que sur leurs concentrations. Même si le mélanome semble bénin à l’œil, la spectroscopie Raman permet d’obtenir un diagnostic exact grâce à la signature spectrale. Le dispositif compare la signature spectrale d’un grain de beauté à une base de données pour aider le dermatologue à décider d’une biopsie ou non. Dans les régions rurales qui manquent de dermatologues, ce dispositif pourrait même être utilisé par du personnel médical  non spécialisé en dermatologie.  Un danger que les organismes réglementaires ne manqueront pas d’analyser concerne l’existence de faux négatifs à l’aide de cette méthode de diagnostic, c’est-à-dire le fait qu’un mélanome malin puisse être considéré par le dispositif comme un mélanome bénin. Une autre préoccupation des organismes réglementaires est que ce dispositif soit utilisé pour diagnostiquer le mélanome au lieu de permettre au personnel médical de décider d’une biopsie pour confirmer le diagnostic.  Quoi qu’il en soit, selon plusieurs professionnels, ce dispositif arrivera à point nommé pour mettre fin au diagnostic visuel qui est nécessairement subjectif et qui se complique d’avantage lorsque le patient a parfois un grand nombre de grains de beauté suspects.

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