Prix Hassan II : Grand écran, petits moyens

Prix Hassan II : Grand écran, petits moyens

A peine une dizaine de films sont en compétition pour le Prix Hassan II, l’une des multiples rubriques du Festival de Rabat. Les longs-métrages en lice se comptent sur le bout des doigts : «Mémoire en détention » (Maroc), «Yasmine » (Grande-Bretagne), «Les Suspects» (Belgique), «Violences et dérision» (Egypte), «Eyes of night» (Grèce), «El Manara» (Algérie), «Le Sud» (Pays-Bas), «Noces d’été» (Tunisie), «Lettre d’amour zoulou» (Afrique du Sud), et «Les tortues volent aussi », film iranien qui a eu le privilège d’ouvrir, samedi 23 juillet 2005, la 6ème édition du Prix Hassan II.
Alors que, après cinq dernières éditions, on devait s’attendre à voir élargir l’éventail des participations, le nombre des films sélectionnés aujourd’hui est de 10, au lieu de 12. Même constat au niveau de la durée sur laquelle s’étale l’édition présente, sachant bien que, au lieu d’une semaine, elle est réduite à 5 jours seulement.
En dehors de la compétition, il y a lieu de constater que l’hommage qui devait être rendu au réalisateur marocain Hamid Bennani a été annulé. Le volet débat, qui fut l’un des points forts de cette manifestation, a pour sa part été réduit au minimum.
La seule rencontre prévue lors de cette édition a, en plus, un caractère interne, elle réunira des jeunes réalisateurs marocains et des producteurs allemands et turcs. C’est d’autant plus regrettable qu’il est ici question d’un espace indispensable à la mise en contact entre nos cinéastes, nos cinéphiles également, et leurs homologues venus d’Europe et d’autres horizons du monde.
Le seul cadre de rencontre reste les salles de projection : 7ème Art et Théâtre national Mohammed V. Le cinéma hollandais, invité d’honneur de la 6ème édition du Prix Hassan II, reste la seule alternative à ce manque de rencontres, sachant que 7 films des Pays-Bas sont au rendez-vous, entre autres «Les flottantes» et «Shouf shouf Habibi», inspiré d’une pièce de théâtre fruit d’une production conjointe entre le Maroc et le Pays de Van Gogh. Mais cette alternative revêt un aspect occasionnel, d’autant plus qu’elle coïncide avec la célébration des 400 ans de relations diplomatiques entre le Maroc et les Pays-Bas. Récapitulons : baisse de durée, réduction du nombre des films en compétition, manque d’opportunités de rencontre… Ce sont là quelques failles d’une 6ème édition qui, à la différence des précédentes, pèche par plus d’une tare.
Question : Qu’est-ce qui aurait été derrière ce recul? A souligner, en passant, qu’il ne s’agit en aucun cas d’une perte d’enthousiasme. Ce recul s’explique par le manque de moyens, ni plus ni moins.
Les organisateurs affirment avoir bataillé ferme pour maintenir cette 6ème édition, qui coïncide exceptionnellement avec le volet musical du 11ème Festival de Rabat.
En 2006, le Prix Hassan II sera redéployé sur une autre période de l’année : juin. Ce Prix, qui sera la pierre angulaire du désormais Festival de cinéma de Rabat, est ainsi appelé à se doter d’un budget autonome, d’une structure et d’une équipe d’organisation indépendantes.
Pour l’instant, les organisateurs se contentent des moyens du bord. Le montant des prix, dont l’annonce est prévue jeudi soir prochain au Théâtre national Mohammed V, ne serait peut-être pas à la hauteur des films en lice. Le jury, présidé par Hamid Bennani, est appelé à faire « la part des sous ».
A titre d’anecdote, l’un des membres de ce jury, le Burkinabé Sanou, n’est toujours pas arrivé à Rabat…

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