Le pouvoir ivoirien mis en cause dans des massacres

«Le massacre dans la localité de Bangolo a fait au moins 60 victimes et a été commis par des miliciens se réclamant du gouvernement ivoirien». C’est ce qu’un représentant de la France a indiqué vendredi dernier devant le Conseil de sécurité de l’ONU.
Au lendemain de cette tuerie, les forces françaises stationnées dans la région, sous mandat des Nations unies, avaient intercepté et désarmé quelque 112 combattants. Ceux-ci ont déclaré appartenir à une force de supplétifs libériens Guérés, une ethnie présente le long de la frontière entre le Liberia et la Côte d’Ivoire. Ils ont affirmé travailler aux profits des forces armées loyalistes ivoiriennes. Selon le rapport français présenté à l’ONU, ces hommes étaient en train de regagner leur base dans la région de Guiglo, contrôlée par les FANCI, lorsqu’ils ont rencontré les troupes de l’opération Licorne, chargée du maintien du cessez-le-feu.
Depuis, une reconnaissance héliportée a permis de dénombrer plus de 60 cadavres civils, à Bangolo, «ce chiffre pouvant être inférieur à la réalité puisque tous les quartiers n’ont pu être visités». Le mouvement rebelle MPJ, qui contrôle cette zone, avait évoqué 200 à 300 morts dimanche dernier.
Condamnant ces exactions et la reprise des combats dans l’Ouest, le Conseil de sécurité a réitéré son appel à la paix alors que la veille, la mise en place du nouveau gouvernement à Yamoussoukro a subi un nouveau blocage. Pas moins de 21 des 41 membres de cet exécutif étaient absents, notamment les rebelles et les responsables du parti d’opposition RDR. Manquaient aussi les deux ministres censés occuper les postes de la Défense et de la Sécurité, toujours pas désignés par le Conseil national de sécurité.
La composition de ce nouveau gouvernement, qui s’inscrit dans le cadre des accords de Marcoussis, signés le 24 janvier, et d’Accra, le 8 mars, devait être rendue publique à l’issue de ce conseil par le Premier ministre Seydou Diarra. Il n’en a rien été.

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