Les ophtalmologues du privé menacent une série de grèves après l’Aïd

Les ophtalmologues du privé menacent  une série de grèves après l’Aïd

Ils ont tenu un sit-in lundi devant le ministère de la santé

Les ophtalmologues du privé montent au créneau. Ces derniers ont observé un sit-in le lundi 3 mars devant le ministère de la santé. Ils menacent d’observer une série de grèves après Aïd El Fitr. C’est ce qu’a annoncé le Syndicat national des ophtalmologues libéraux du Maroc (SNOLM) dans un communiqué. A l’origine de ce bras de fer entre les opticiens et les ophtalmologues, l’article 6 du projet de loi 45-13 relatif à l’exercice des professions de rééducation, de réadaptation et de réhabilitation fonctionnelle.

Rappelons que l’article en question stipule que «l’opticien lunetier délivre au public des articles d’optique destinés à corriger ou protéger la vue. Préalablement à leur délivrance, il réalise l’adaptation et l’ajustage desdits articles au moyen d’instruments de contrôle nécessaire. Il délivre les produits d’entretien et de conservation des lunettes et des lentilles de contact ainsi que les produits de leur humidification». Cela dit, cet article ne donne pas le droit à  l’opticien lunetier de délivrer un dispositif médical d’optique sans prescription médicale  et ce dans 4 cas précis : pour les sujets de moins de 16 ans, lorsque l’acuité visuelle est inférieure ou égale à 6/10 après correction, en cas d’amétropies fortes et de presbyties en discordance avec l’âge. Le projet de loi avait été mis entre les mains de la commission technique en vue de dépasser ce blocage. Les conclusions de cette commission qui est composée des représentants du ministère de la santé et du Secrétariat général du gouvernement (SGG) «étaient d’annuler toutes les exceptions de l’article 6 pour se référer à l’article 4 qui impose l’ordonnance médicale, à l’exécution de lunettes optiques ordonnées par les opticiens-lunetiers», signale le syndicat. Cela dit, le syndicat s’est dit «surpris par le fait que lors du vote de la commission sociale de la Chambre des conseillers, une proposition d’amendement de dernière minute, non étudiée au préalable, a été glissée au niveau des textes validés initialement par la commission technique».

Selon les ophtalmologues, les textes rajoutés autoriseraient les opticiens à faire la mesure de la réfraction ainsi que l’adaptation des lentilles de contact, «ce qui va constituer une institutionnalisation d’exercice illégal de la médecine». Cette pratique illégale a de graves  conséquences sur la santé du patient. Les  ophtalmologues craignent «les complications possibles tels l’abcès de cornée et la cécité». Ces derniers estiment qu’il ne faut en aucun cas  confier cette «dangereuse tâche pour la fonction visuelle» à «des opticiens, commerçants, sans aucune attribution ni  formation médicale professionnelle». «La réfraction et le contrôle de l’acuité visuelle sont un acte médical qui a pour nomenclature D 356.

L’opticien n’a aucune formation médicale pour être en mesure de réaliser un tel acte. Il doit se contenter de vendre des lunettes», avait indiqué Dr Mohamed Chahbi, ophtalmologue. Signalons que  ce bras de fer dure depuis déjà plusieurs mois. Le Syndicat et la Société marocaine d’ophtalmologie avaient adressé en février 2019 un mémorandum aux hauts responsables, notamment le chef de gouvernement et le ministre de la santé, sur les dangers de cet article. Dans leur mémorandum, les ophtalmologues avaient clairement indiqué  que   permettre aux opticiens de diagnostiquer et mesurer les troubles réfractifs (qui sont des maladies) et d’en prescrire et adapter la correction par lunettes est totalement illégal dans la mesure où il s’agit d’actes médicaux de spécialité ophtalmologique. Affaire à suivre.

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